United Technologies frappe fort pour tirer parti du rebond de l’aéronautique civile
United Technologies vient animer un marché des fusions-acquisitions à la peine. Le groupe diversifié américain, acteur mondial de premier plan dans les ascenseurs avec Otis ou l’air conditionné avec Carrier, souhaite renforcer son pôle aéronautique, emmené par le motoriste Pratt & Whitney. Il propose pour ce faire 16,5 milliards de dollars dans le cadre d’une offre amicale en numéraire (18,4 milliards en valeur d’entreprise) aux actionnaires de son compatriote équipementier Goodrich. A raison de 127,5 dollars par titre, l’actionnariat éclaté de la cible, dont les dix premiers représentants (en premier lieu Fidelity, Lone Pine et Vanguard) totalisent 37,3% du capital, se voit ainsi offrir une prime de 47% sur le cours de clôture du jeudi 15 septembre, à la veille des premières rumeurs entourant une acquisition de la part d’United Technologies. Celle-ci est nettement plus élevée que la prime moyenne de 18% offerte par le conglomérat pour l’ensemble des acquisitions réalisées depuis dix ans.
L’enjeu est de taille pour le groupe diversifié, présent également dans les hélicoptères avec Sikorsky et qui vise ici sa plus importante acquisition. United Technologies entend bien atténuer grâce à Goodrich sa dépendance aux commandes militaires pour profiter du dynamisme de l’aéronautique civil. Goodrich sera présent notamment sur des programmes prometteurs comme le Boeing 787 Dreamliner ou l’Airbus A320neo. L’opération «renforce notre position sur des marchés de croissance» s’est félicité le PDG du prétendant, Louis Chênevert. Son homologue chez Goodrich, Marshall Larsen, prendra la tête de la nouvelle division UTC Aerospace Systems.
Le financement de l’opération dévoilée hier, après une journée seulement d’examen approfondi des comptes mais au terme de dix mois d’approche informelle selon une source citée par Bloomberg, se fera pour un quart par l’émission d’actions, le solde par endettement.
Membre de l’indice Dow Jones, United Technologies a confirmé hier également ses prévisions financières 2011, passant par un chiffre d’affaires voisin de 58 milliards de dollars. Celui de Goodrich devrait approcher les 8 milliards de dollars. Analyste chez Jefferies, Howard Rubel estime que l’intégration de l’équipementier pourrait avoir un impact positif sur le bénéfice par action de l’acquéreur de quelque 10% en 2012 et de 12% en 2013.
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