Une vague de concentration se prépare entre câblo-opérateurs américains
A l’image du mouvement initié en Europe, le secteur américain de la télévision par câble se prépare à une vague de concentration massive. Time Warner Cable (TWC), le numéro deux, est courtisé par l’ensemble de ses concurrents. Selon le Wall Street Journal et Bloomberg, Charter Communications, quatrième câblo-opérateur américain, serait ainsi sur le point de sécuriser un financement bancaire de 25 milliards de dollars. Bank of America, Barclays et Deutsche Bank font partie des banques citées dans l’opération.
Malgré sa taille, ce crédit ne suffira pas. Un paiement en actions s’annonce nécessaire. Dette incluse, Charter Communications pèse 28 milliards de dollars, environ deux fois moins que TWC. Liberty Media, la société de John Malone, premier actionnaire de Charter depuis le mois de mai dernier avec 27% du capital, a indiqué qu’elle était prête à suivre une éventuelle émission de titres pour conserver au moins 25% de Charter.
Une autre option pourrait prendre la forme d’une alliance entre Charter et Comcast. Le numéro un américain du câble aurait étudié la possibilité d’une offre en solo sur TWC. Les implantations géographiques de TWC compléteraient habilement le réseau de Comcast. Mais le rachat du numéro deux par le numéro un du câble pourrait avoir du mal à passer auprès de la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur des télécoms américains, même si la cour d’appel a rejeté en 2009 une tentative de limitation de parts de marché. A l’époque, la FCC voulait interdire à un câblo-opérateur de détenir plus de 30% des abonnés américains.
En s’associant avec Charter pour se partager TWC, Comcast pourrait s’éviter une procédure complexe auprès de la FCC. Comcast s’était déjà associé à TWC en 2006 pour se partager Adelphia Communications. Cox Communications, le numéro trois du secteur, étudierait également le dossier TWC.
En entrant chez Charter au printemps dernier, John Malone cherchait ouvertement à provoquer une concentration du secteur afin d’accroître la puissance de négociation des câblo-opérateurs face aux grands producteurs, CBS ou Disney, mais aussi face aux nouvelles plates-formes de vidéos comme Netflix. Une logique qu’il a également initiée en Europe en reprenant par exemple Virgin Media et Telenet ou en entrant au capital de Ziggo.
Plus d'articles du même thème
-
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques. -
Les financiers d’entreprise ont la bougeotte
Une majorité d’entre eux seraient disposés à changer de poste à court terme, selon l’enquête de Spendesk. La rémunération moyenne a augmenté de 4% en 2025. -
Le pétrole hésite face aux baisses et regains de tension entre l'Iran et les Etats-Unis
Oscillant autour de 90 dollars le baril, le pétrole brut monte avec les bombardements et descend avec les annonces de négociations. Toutefois, les stocks commencent à baisser, risquant de ne plus compenser le manque d'offre.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreDéfense : Berlin a tranché. Ce sera Washington et Tel-Aviv – pas Paris
S’il fallait un symbole de notre marginalisation, ce serait le bouclier antimissile européen, l’European Sky Shield porté par l’Allemagne. Couche basse allemande, couche moyenne américaine, couche très haute israélienne, et un système de commandement central confié à ceux qui, à Haïfa et Tel-Aviv, ont appris à intercepter sous le feu -
SantéDébut de repeuplement dans les déserts médicaux
Des chiffres publiés par l'Assurance Maladie jeudi pourraient remettre en cause la nécessité de réguler l'installation des médecins -
Tribune libreEt si votre plus grand risque numérique n’était pas un piratage, mais un pot de départ ?
Alors que les entreprises rivalisent d’investissements en intelligence artificielle, l'auteur pointe une menace autrement plus silencieuse : la perte massive de savoir opérationnel entraînée par les départs en retraite. Une urgence que ni un outil, ni un budget IT ne règlera seul