Une transition en douceur se prépare à la tête de l’américain Cisco
C’est finalement avec un an d’avance sur le calendrier initial que John Chambers, directeur général de Cisco depuis janvier 1995, va quitter ses fonctions le 26 juillet prochain. Agé de 65 ans, il a choisi comme successeur Chuck Robbins, entré dans le groupe voici plus de 17 ans. Ce dernier est actuellement vice-président en charge des opérations mondiales, poste au travers duquel il supervise également les équipes commerciales. Il a été le maître d’œuvre de la stratégie de l’équipementier télécoms américain sur le segment de la clientèle d’entreprises qui représente un quart de son chiffre d’affaires.
«Chuck connaît chaque division, créneau technologique et zone géographique de Cisco, et fera avancer l’entreprise à la vitesse requise pour capitaliser sur les opportunités à venir», a souligné John Chambers. Si celui-ci prend du recul, il n’en sera pas moins nommé président exécutif du conseil d’administration. Durant les deux décennies où il a tenu les rênes de Cisco, le chiffre d’affaires est passé de 1,2 milliard de dollars à 48 milliards attendus en 2015.
Après avoir surmonté l’explosion de la bulle internet au début des années 2000 et la crise financière de 2008, Cisco est désormais confronté au ralentissement de ses activités traditionnelles dans les infrastructures télécoms (routeurs, commutateurs). Il tente de compenser cette tendance en développant sa présence dans l’informatique dématérialisée (cloud computing) et sur le marché des objets connectés. Son chiffre d’affaires et son bénéfice net ont reculé de respectivement 3% et 21% l’an dernier, ce qui a entraîné une chute de 22% de la rémunération du directeur général qui a perçu 16,5 millions de dollars au titre de 2014.
«John Chambers a fait du bon travail dans un contexte de plus en plus difficile», résume Alex Henderson, analyste chez Needham & Co. Certains investisseurs ont néanmoins reproché à Cisco une structure de direction qui contribue à freiner les processus de décision. Chuck Robbins a précisé hier qu’au cours des trois premiers mois de son mandat, il consacrerait une large part de son temps à discuter avec les employés, l’équipe dirigeante, les clients et les partenaires du groupe, afin d’intégrer leurs suggestions dans l’élaboration d’un plan stratégique.
«Nous allons mettre en place une politique qui sera peut-être encore plus rigoureuse sur le plan opérationnel qu’elle ne l’a été jusqu’ici», a ajouté le futur directeur général.
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