Une période de restructuration se profile pour les transporteurs maritimes de conteneurs
Les dirigeants des grands transporteurs maritimes internationaux n’ont pas le moral. Selon le dernier baromètre du cabinet de conseil britannique Moore Stephens, le taux de confiance du secteur est tombé à 5,3 en août dernier, sur une échelle allant de 1 à 10, soit le plus bas niveau jamais constaté depuis trois ans et demi. Le chiffre s’élevait à 5,6 en mai dernier. Il était supérieur à 6 il y a un an. Le ralentissement du trafic, cité par 22% des sondés, reste le principal argument d’inquiétude, devant l’accroissement de la concurrence (17%). En revanche, la facture énergétique (12%), traditionnellement sur le podium des inquiétudes, est cette fois dépassée par les questions de financement (16%).
La raréfaction du crédit risque en effet d’entraver la marche des transporteurs maritimes. «A la différence de la précédente récession (en 2009, ndlr), les transporteurs de conteneurs consomment de la trésorerie malgré des volumes solides, en raison d’un taux de remplissage sous pression du fait d’une surabondance de nouvelles capacités», indiquaient hier les analystes de CA Cheuvreux pour motiver la dégradation de leur opinion sur les grandes valeurs du secteur, Maersk, K+N et Panalpina. Au premier semestre, la division de transport maritime du danois Maersk, numéro un mondial de la spécialité, a généré 934 millions de dollars de cash-flows opérationnels, pas suffisamment pour couvrir son 1,14 milliard d’investissement.
Dans ce contexte, certains professionnels interrogés par les consultants de Moore Stephens n’excluent pas une recrudescence de mises en redressement judiciaire dans le secteur, sinon un mouvement de rapprochement sur certaines lignes ou régions du monde.
La situation du français CMA CGM suscite d’ailleurs de plus en plus d’interrogations. Selon les données de Capital IQ, la valeur faciale des titres de l'émission obligataire de 475 millions de dollars d’avril dernier (8,5% de coupon et d’échéance 2017) est tombée à 41% en fin de semaine dernière. Alors que Le Figaro indiquait hier que le groupe pourrait engager des négociations avec ses créanciers pour revoir ses covenants, la direction de CMA CGM assure que ses investissements sont couverts jusqu’en 2012. A fin juin, sa dette nette s’élevait à 5,3 milliards de dollars, soit plus de trois fois l’excédent brut d’exploitation (685 millions au premier semestre).
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