Une périlleuse convalescence s’engage pour le marché automobile européen

Le volume des immatriculations au sein de l’Union européenne a atteint, selon l’Acea, un plus bas historique sur les huit premiers mois de l’année
Benoît Menou

Le plus fort de la tempête serait désormais passé, à en croire nombre d’observateurs évoquant l’évolution du marché automobile européen. Ce dernier n’aurait toutefois atteint qu’une phase de stabilisation, et 2013 devrait constituer un sixième exercice consécutif de baisse.

La confiance n’est ainsi pas encore de mise après que l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea) a concédé hier que le volume d’immatriculations au sein des Vingt-Sept (la Croatie sera intégrée en janvier prochain) avait atteint sur les huit premiers mois de l’année un plus bas historique. De janvier à août, le marché a en effet abandonné 5,2% à 7,84 millions de véhicules, le plus faible niveau jamais enregistré depuis 1990, année de première publication de cette statistique par l’association.

En juillet, le marché a gagné 5,0% (unique mois en terrain positif cette année hors avril, qui faisait suite à 19 mois consécutifs de repli) à la faveur d’un jour ouvrable supplémentaire par rapport à 2012, tandis qu’il a cédé 5,0% en août pénalisé par un jour ouvrable de moins. Les analystes de Kepler Cheuvreux soulignent que ce recul subi en août, certes le mois le plus calme de l’année, rappelle que «le renouveau du marché pourrait être fragile et lent». Et même si le rythme de baisse tend à faiblir, le marché automobile reste à la merci d’un environnement macroéconomique bien incertain.

La convalescence pourrait perdurer tout au long de 2014, les patrons de PSA Peugeot Citroën et de Renault s’étant accordés la semaine passée à l’occasion du salon de Francfort pour miser sur une très modeste hausse du marché l’an prochain. D’un peu plus de 1% selon Carlos Ghosn. Renault, justement, se distingue cette année en limitant le recul de ses immatriculations à fin août à 2,0%, sous l’impulsion d’un gain de 18,7% de Dacia.

En revanche, PSA cède 12,3% sur huit mois (-10,5% pour Peugeot, -14,3% pour Citroën). Alors que le numéro un français perd 0,9 point de part de marché à 11,2%, son dauphin grappille 0,3 point à 8,9%. Le principal constructeur européen, Volkswagen, gagne de son côté 0,1 point à 24,9% en dépit d’une dégradation de la tendance ces derniers mois, dans la foulée de celle d’un marché allemand qui abandonne désormais 6,6% en 2013 à fin août (contre une chute de 9,8% du marché automobile français).

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...