Une éventuelle alliance entre PSA et Dongfeng est loin de faire l’unanimité
Peugeot pourra-t-il renforcer ses liens avec le chinois Dongfeng sans nuire à son alliance avec l’américain General Motors? La question mérite d’être posée alors que le constructeur français aurait mandaté deux banques pour réfléchir à une alliance capitalistique avec son partenaire chinois, selon Les Echos. La marque au lion se refuse à tout commentaire, rappelant seulement qu’elle explore «en permanence de nouvelles possibilités pour développer et approfondir» son partenariat avec Dongfeng. Néanmoins l’inquiétude se fait sentir chez certains observateurs.
Deux axes principaux seraient évoqués: une augmentation de capital réservée à Dongfeng ou la création d’une co-entreprise dans les émergents, où PSA apporterait des actifs industriels et Dongfeng du cash. Dans le premier cas, General Motors, deuxième actionnaire du groupe derrière la famille Peugeot (25%) avec 7% du capital, pourrait mal accueillir la venue d’un autre actionnaire de référence industriel, et pourrait user de sa possibilité de se désengager si un autre partenaire prend plus de 10% du capital. Quant à l’augmentation de capital, il faudrait attendre que le titre se reprenne pour qu’elle puisse renflouer les caisses. Si l’action a rebondi de 130% depuis le début de l’année, elle perd encore 50% depuis trois ans, alors que le CAC 40 gagne 10% et Renault 60% depuis septembre 2010. PSA n’est valorisé encore que 4,4 milliards d’euros, contre 17,4 milliards pour Renault.
Dans la seconde hypothèse, «la création d’une JV sur les activités à l’international ne serait pas forcément compatible avec les autres partenariats industriels de Dongfeng et rien ne dit que le groupe chinois est intéressé», note Aurel BGC.
«Un partenariat tourné vers les pays émergents ferait sans doute sens dans la mesure où cette faiblesse structurelle de PSA ne sera pas corrigée par l’alliance avec GM qui reste cantonnée à l’Europe pour le moment malgré les velléités d’élargissement à des zones à forte croissance», constate l’analyse crédit de Natixis. Ce partenariat pourrait aussi «concerner la Russie, où Dongfeng affiche ses ambitions, voire l’Amérique latine», ajoute l’analyse crédit d’Oddo. Toutefois, cette alliance «pourrait vider le portefeuille d’innovations et de technologies de PSA en quelques années sans pour autant créer de synergies avec Dongfeng», s’inquiète CM-CIC.
Plus d'articles du même thème
-
Adyen déçoit sur sa rentabilité et chute en Bourse
Le spécialiste des paiements a réduit sa cible de marge d'Ebitda pour cette année en dépit d'une hausse plus forte que prévu de ses revenus au troisième trimestre. -
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver -
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance -
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN»