Une décote historiquement élevée colle à la peau de Bouygues
Les difficultés de sa filiale de télécoms ont renvoyé la valorisation du groupe à ses niveaux de l'été 2011, balayant l’effet positif de l’OPRA
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Olivier Pinaud
Fin août 2011, agacée par «l’absurdité» de la valorisation, au plus bas depuis plus de huit ans, la direction de Bouygues mobilisait 1,25 milliard d’euros pour racheter 12% du capital du groupe. «Aucun projet ne nous a semblé plus intéressant que d’investir dans nos propres actions», expliquait alors Martin Bouygues, PDG et premier actionnaire du groupe de télécoms et de construction. Sept mois plus tard, peu d’investisseurs l’ont suivi.
Malgré un sursaut à l’automne, le cours est revenu à ses niveaux de l’été 2011. Tombée à 20,88 euros en plein cœur de la crise, l’action valait 21,02 euros hier, alors que dans le même temps le CAC 40 a rebondi de 8%. Elle affiche la troisième plus mauvaise performance de l’année du CAC 40. Seuls Peugeot (-15%) et Vivendi (-22%) font pire que les 13% de baisse de Bouygues.
Compte tenu de son statut de conglomérat, Bouygues souffre traditionnellement d’une décote de 10% à 15% mais celle-ci est montée entre 20% et 25% ces dernières semaines, soulignaient hier les analystes de Credit Suisse. En cause, les anticipations de baisse de bénéfice de Bouygues Telecom, premier contributeur aux résultats et aux cash-flows de la société jusqu’à l’arrivée de Free Mobile. Sous l’effet de cette nouvelle concurrence et de la réglementation du secteur, Credit Suisse craint une chute de 20% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de Bouygues Telecom en 2012 et de 35% en cumulé entre 2011 et 2015.
Pour Natixis, cette décote historique est exagérée. En soustrayant de la valeur d’entreprise de Bouygues (15 milliards d’euros) le prix de marché des différents actifs du groupe (TF1, Alstom, Bouygues Construction, Colas et Bouygues Immobilier), «il ressort que le marché donne une valeur de 1,3 milliard d’euros à Bouygues Telecom, soit un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 1,4 fois pour 2013», s’étonnent les analystes de Natixis. La décote est tellement forte qu’un milliard d’euros seulement séparent aujourd’hui Bouygues et Iliad.
Pourtant quinze fois plus lourd en chiffre d’affaires, 32 milliards d’euros contre 2,1 milliards, générant quatre fois plus de bénéfice que son concurrent, le groupe de télécoms et de construction ne capitalise plus que 6,6 milliards d’euros à la Bourse de Paris, contre 5,6 milliards pour Iliad, dont le cours est lui proche de son plus haut historique.
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