Une course contre la montre s’engage entre America Movil et KPN
America Movil a obtenu de plusieurs institutions financières les facilités de crédit nécessaires au rachat des 70% du capital de KPN échappant encore à son contrôle, a annoncé hier l’opérateur mexicain sans divulguer le nom de ses prêteurs. Le groupe de Carlos Slim vient également de soumettre son projet d’OPA de 7,2 milliards d’euros à l’autorité néerlandaise des marchés (AFM), qui devra donner son aval pour que l’offre soit lancée le mois prochain.
Une course contre la montre s’est donc engagée avec KPN qui convoquera de son côté ses actionnaires en assemblée générale extraordinaire le 2 octobre, afin qu’ils se prononcent sur la cession de sa filiale mobile allemande E-Plus à Telefonica pour 8,1 milliards d’euros. Seuls «les porteurs d’actions KPN le mercredi 4 septembre 2013, après la fermeture des transactions à la Bourse d’Amsterdam, seront considérés comme pouvant voter à l’assemblée», précise le groupe néerlandais. Ceux-ci devront également s’enregistrer avant le 26 septembre pour y prendre part.
Si le délai semble court pour qu’America Movil soit en mesure de prendre le contrôle de KPN début septembre, on ne peut exclure que les 30% qu’il détient déjà suffisent pour bloquer la vente de E-Plus, en raison d’un taux de présence traditionnellement faible de l’actionnariat lors des assemblées générales. Si l’opérateur mexicain augmentait sa participation par d’autres moyens que son offre publique, la justice pourrait alors le contraindre à lancer une offre obligatoire à un prix «raisonnable». Selon l’AFM, celui-ci correspondrait au «prix le plus élevé déboursé par un acheteur du titre au cours de l’année qui précède l’annonce de l’offre obligatoire».
KPN s’est engagé à verser 25 millions d’euros à Telefonica et 25 millions à Telefonica Deutschland si ses actionnaires rejettent la vente de sa filiale E-Plus, destinée à alléger sa dette. L’opérateur néerlandais recevra de son côté une indemnité de 100 millions d’euros payée par Telefonica Deutschland si cette cession est bloquée par les autorités de la concurrence. Le Bundeskartellamt (Office fédéral des cartels) a estimé mardi que la fusion des filiales allemandes de KPN et de Telefonica aurait besoin d’être attentivement examinée car elle aurait «un impact considérable sur la concurrence», en faisant passer de 4 à 3 le nombre d’opérateurs mobiles outre-Rhin.
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