Une bagarre se profile pour le contrôle du charbon de Riversdale
Le charbon reste une matière première stratégique. L’australien Rio Tinto le confirme. Le deuxième groupe minier mondial est prêt à mobiliser 3,8 milliards de dollars australiens (2,9 milliards d’euros), soit 16 dollars par action, pour s’emparer de Riversdale Mining, une société australienne dont les principaux actifs sont deux mines de charbon au Mozambique. La cotation des actions Riversdale est suspendue depuis mardi dans l’attente d’un communiqué.
Les deux groupes et leurs conseils, UBS pour Riversdale et Macquarie pour Rio Tinto, sont en discussions depuis plusieurs semaines déjà. Rio Tinto avait proposé initialement 15 dollars par action, un prix jugé insuffisant par Riversdale début décembre. L’offre à 16 dollars pourrait recevoir le même accueil. Selon Bloomberg, cela n’offrirait que 16% de prime par rapport à la moyenne des vingt derniers jours de Bourse, soit 10 points de moins que la prime moyenne payée dans le secteur cette année.
Récemment, les analystes de RBS calculaient qu’un prix supérieur de 25%, soit 20 dollars par action, 4,8 milliards de dollars australiens au total, peut tout à fait s’envisager. D’autant que Rio Tinto n’est pas le seul à convoiter les actifs de Riversdale. Situé sur la côte est de l’Afrique, le Mozambique est idéalement placé pour exporter son charbon vers la Chine et l’Inde, les deux plus gros consommateurs mondiaux.
Le président d’International Coal Ventures, qui regroupe cinq sociétés publiques indiennes, mine ou producteur d’acier, a indiqué hier qu’il réunira prochainement les banques de la structure afin d’étudier le dossier Riversdale. Tata Steel, qui détient déjà 24,16 % de Riversdale pourrait également voir d’un mauvais œil la montée de Rio Tinto au capital d’un de ses premiers fournisseurs de charbon. D’autres producteurs d’acier, dont ArcelorMittal, qui souhaitent sécuriser leur approvisionnement en charbon, ou des groupes miniers, Anglo American ou Xstrata, sont également cités comme des candidats potentiels à une contre-offre sur Riversdale. En revanche, déjà présents dans la région, BHP Billiton ou le brésilien Vale ne sont pas intéressés.
Utilisé pour produire de l’acier, le charbon est extrêmement recherché pour répondre à la demande des pays asiatiques. D’où une vague de concentration entre mines. Le secteur aura mobilisé cette année 35 milliards de dollars cette année en fusions-acquisitions.
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