Un rapprochement entre Gecina et Metrovacesa semble difficile
L’incertitude continue à peser sur Gecina. Si Moody’s vient de relever la note de Gecina d’un cran à «Baa2» – comme l’avait fait le mois dernier S&P à «BBB» – en raison du redressement des performances opérationnelles et de l’amélioration de la trésorerie, l’avenir du groupe reste suspendu à celui de ses actionnaires.
Depuis la mise en faillite d’Alteco et MAG Import, véhicules de Joaquin Rivero et de Victoria Soler, les deux principaux actionnaires de Gecina avec respectivement 15% et 16% du capital, après Metrovacesa (27% du capital), les rumeurs vont bon train.
Notamment, Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), met en garde contre une possible fusion entre Gecina et Metrovacesa, si les banques créancières d’Alteco et de MAG Import n’exercent pas très rapidement leurs nantissements sur les 31% du capital de Gecina. Les titres Gecina des familles Rivero et Soler ont été nantis en garantie d’un prêt de 2,16 milliards d’euros, dont seulement un quart a été remboursé. «Selon mes informations, c’est une hypothèse qui est très sérieusement étudiée par les Espagnols, confié à Reuters Colette Neuville. L’avenir de Gecina est très préoccupant». Le mois dernier, AlphaValue avait déjà évoqué l’hypothèse d’une absorption de Gecina via l’émission d’actions nouvelles Metrovacesa.
Pour autant, ce rapprochement entre Gecina et Metrovacesa semble difficile. D’une part, le profil de risque changerait totalement, les actifs des deux groupes et la structure financière des deux foncières étant fort différentes. Les actionnaires de Gecina seraient alors les grands perdants. D’autre part, «Metrovacesa aura-t-il les moyens de racheter les 31% de Rivero et de Soler, puis de lancer une OPA sur le solde du capital, ayant franchi le seuil des 30%?, s’interroge Samuel Henry-Diesbach, analyste chez Kepler. En outre, avec un actionnaire à plus de 60%, Gecina ne pourrait plus bénéficier du régime SIIC».
Par ailleurs, «Metrovacesa ne peut être vendeur de ses 27% de Gecina, dont les dividendes lui permettent de payer les intérêts de sa dette et d’assurer ainsi sa survie financière», poursuit Samuel Henry-Diesbach.
Dans ce contexte, « on ne peut exclure des cessions de petits blocs par le liquidateur, au-dessus du prix du revient du bloc Rivero-Soler qui se situe vraisemblablement autour de 80-85 euros», conclut Samuel Henry-Diesbach.
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