Un nouveau code prône une gouvernance modèle pour les entreprises britanniques
Face aux débats qui ont défrayé la chronique de plusieurs grandes entreprises au Royaume-Uni ces dernières années, que ce soit en terme de rémunérations des dirigeants ou de respect des actionnaires minoritaires, le Financial Regulatory Council (FRC) a décidé de muscler son code de gouvernance, qui s’applique aux entreprises cotées au Royaume-Uni et en Irlande. Une exigence d’autant plus pressante que dans la perspective du Brexit, la Place financière de Londres se doit d’être un modèle du genre si elle veut rester la locomotive de l’économie britannique.
Après plusieurs mois de discussions avec les parties prenantes et en s’inspirant de différents rapports officiels sur la gouvernance (notamment le Culture Report du FRC et la consultation du gouvernement sur le Livre vert de la gouvernance d’entreprise), comme sur la diversité (Hampton-Alexander Review et Parker Review), le FRC a rendu publiques hier ses propositions d’amendements, soumises à consultation. Le nouveau code a été divisé en cinq parties : direction et objectif ; répartition des responsabilités ; composition, succession et évaluation ; audit, risque et contrôle interne et, pour finir, rémunération. Les principaux changements ont été apportés aux trois premières sections.
«Les entreprises prospères devraient être transparentes et responsables devant leurs employés. Le code révisé recommande clairement un dialogue mutuel nécessaire à la bonne gouvernance, les entreprises devant mettre en place les pratiques et les procédures pour atteindre cet objectif», indique le rapport. Ainsi, il adopte une définition large du stakeholder: au-delà de l’actionnaire stricto sensu, il englobe également les salariés de l’entreprise, les sous-traitants et les collaborateurs externalisés.
Dépasser le «comply or explain»
Vis-à-vis des employés, cette approche peut se concrétiser par la nomination d’un administrateur, la mise en place d’un conseil consultatif des salariés, ou la désignation d’un directeur non exécutif. Vis-à-vis des actionnaires, le FRC propose que lorsqu’une résolution reçoit l’opposition d’au moins 20% des actionnaires en assemblée générale, l’entreprise soit sommée de décrire la manière dont elle compte consulter les actionnaires pour comprendre les raisons de l’hostilité à une mesure. Le FRC entend s’appuyer sur un registre public que s’apprête à lancer The Investment Association (qui représente les gestionnaires d’actifs britanniques) et qui recensera l’ensemble des résolutions et des résultats des votes en AG.
En terme de diversité, le FRC entend «veiller à ce que le code bouscule les administrateurs pour qu’ils réfléchissent non seulement à la composition du conseil d’administration, mais aussi à la relève de la direction» et aux personnels sous la responsabilité directe des dirigeants.
Selon Paul George, responsable du reporting et de la gouvernance d’entreprise au sein de l’autorité, l’approche traditionnelle du reporting est fondée sur la culture du principe «obtempérer ou expliquer» (comply or explain), qui peut pousser les sociétés à se contenter de cocher des cases. Avec ses nouvelles propositions, le FCR entend pousser les entreprises à appliquer les principes du code et expliquer publiquement la méthode utilisée, d’une manière qui soit compréhensible par tous. «Certaines entreprises appliquent totalement les 55 dispositions» du code actuel, sans qu’il soit possible de savoir si «elles ont intégralement mis en œuvre les principes sous-jacents», ajoute Paul George.
La période de consultation du code prendra fin le 28 février 2018.
Plus d'articles du même thème
-
Le rapport parlementaire sur les fonds spéculatifs opte pour des mesures choc
Le parti pris négatif de ce rapport, relevé par le président de la commission d’enquête, pourrait toutefois fragiliser la mise en œuvre des 40 recommandations. -
La SCPI Volt Europe mise sur l'énergie solaire pour renforcer sa performance
Ce nouveau fonds combine rendement immobilier et production d'énergie renouvelable. La SCPI investira dans trois pays d'Europe du Sud au fort ensoleillement. -
Amundi, Caceis et Ant International tokenisent des fonds monétaires sur la blockchain
Les deux filiales du Crédit Agricole font une offensive stratégique sur le marché asiatique.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
EditorialIran : Donald Trump a-t-il tout faux, vraiment ?
Faut-il par exemple tenir pour quantité négligeable la tenue, soixante jours durant, de négociations américano-iraniennes sur le nucléaire de Téhéran ? -
FléauObésité : une stratégie « raisonnable » mais incomplète
Le remboursement des traitements stars Wegovy et Mounjaro ne suffira pas à réduire la prévalence de cette maladie et de son impact sur les dépenses de santé, explique l'économiste Nathalie Mathieu-Bolh -
Violences urbaines : ponctionner les prestations sociales, l'arme de Matignon contre les casseurs
Le gouvernement s'apprête à présenter un texte visant à faire payer aux auteurs de violences urbaines les dégâts qu'ils ont causés en ponctionnant les aides reçues