Un double effet négatif pénalise les résultats des entreprises américaines
Comme lors de la publication des comptes annuels de 2014, Alcoa ouvrira demain mercredi la saison des résultats du deuxième trimestre des entreprises américaines, suivi par Walgreens Boots Alliance et PepsiCo, jeudi. Les anticipations se caractérisent, dans leur majorité, par un pessimisme marqué. Selon les chiffres compilés par Thomson Reuters, les analystes prévoient en moyenne une chute de 3% des bénéfices des sociétés composant l’indice S&P 500 par rapport au deuxième trimestre 2014 – un plancher depuis 2009. FactSet affiche un consensus plus dégradé encore de -4,5%. Les anticipations faisaient état d’une dégradation moins marquée en début de trimestre (-2,1%).
Bousculé par la chute des cours du pétrole entamé l’année dernière, le secteur de l’énergie demeure le mouton noir encore ce trimestre: c’est dans ce secteur que les prévisions sont les plus négatives (-60%). Les analystes sont particulièrement baissiers pour les entreprises du sous-secteur de l’exploration/production (-110%).
Si bien que si l’on retire l’énergie, les autres secteurs affichent des prévisions de bénéfices à la hausse: Factset établit la croissance moyenne à 2,2%, tandis que Thomson Reuters la situe à 4,9%. Mais d’autres secteurs, sans entrer en territoire négatif, suscitent une certaine méfiance, comme celui des biens de consommation cycliques (dont les prévisions sont passées de +8,9% à +4,6%, selon Factset).
En dehors de l’effet pétrole, l’effet dollar continue de justifier cette prudence, qui concerne les entreprises les plus internationalisées, pour leurs débouchés ou leur approvisionnement. Des groupes comme Nike, Bed Bath & Beyond, Accenture, Oracle ou encore Adobe Systems ont fait état de l’effet négatif attendu (parfois à deux chiffres) du niveau de la devise américaine dans leurs comptes au deuxième trimestre.
Du côté des secteurs en hausse, la finance – en particulier la banque – affiche des anticipations de résultats positives (+14,8%, selon Thomson Reuters). C’est largement lié au fait que les comptes 2014, notamment pour Citigroup, avaient été lourdement affectés par les provisions pour litiges. Cette situation provoque un effet de comparaison favorable.
Estimant les analystes trop pessimistes, certains gérants s’attendent du coup à ce que de nombreuses sociétés battent les consensus, à l’instar de ce qui s’était produit au premier trimestre, d’autant plus que dollar et pétrole ont connu une certaine stabilité.
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