Tyco International se scinde en trois pour mieux se vendre
Tyco International est un groupe en forme de poupées russes. Quatre ans après avoir déjà scindé deux de ses activités (Tyco Electronics et Covidien), le conglomérat se coupe de nouveau en trois. D’un côté, son activité américaine de télésurveillance (ADT), dont le chiffre d’affaires annuel approche les 3 milliards de dollars. De l’autre, la division d’équipements de gestion des flux (valves…) qui, avec un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars, sera basée en dehors des Etats-Unis. Enfin, le morceau de choix sera constitué des systèmes de détection et de protection contre le feu: 10 milliards de chiffre d’affaires. La scission devrait être finalisée dans les douze prochains mois. Le groupe est conseillé par Lazard et Goldman Sachs.
Selon la direction de Tyco, ce mouvement est «logique» alors que chacune des entités dispose aujourd’hui de positions fortes sur son marché et de capacités de croissance propres. Cette scission ouvre surtout la voie à un rachat des différentes parties du groupe qui avait frôlé la liquidation au début des années 2000 à la suite d’un scandale comptable. Car en plus de ne générer aucune synergie, la diversité des activités rebutait les éventuels acquéreurs. Si Schneider Electric a pu étudier au printemps dernier une offre sur Tyco, le mélange des genres, la complexité du dossier et donc la réaction hostile du marché l’ont incité à ne pas se lancer. Le groupe français aurait été contraint de trouver des acquéreurs essentiellement pour les valves.
Dès l’annonce hier du projet de scission de Tyco, la spéculation s’est ouverte sur les acquéreurs potentiels de chacune des activités. Des opérateurs de télécoms pour ADT, comme Comcast ou Verizon. Des industriels pour les valves, General Electric ou Flowserve. Et pourquoi pas Schneider Electric, Siemens, Honeywell et Johnson Controls pour les systèmes de sécurité et de protection contre le feu.
En avril, lorsque la rumeur d’une OPA sur Tyco circulait avec insistance, les analystes d’Exane BNP Paribas estimaient que la division «feu et sécurité» était la plus intéressante pour Schneider. Le groupe «pourrait la financer sans appel au marché et, en supposant un multiple de 15 fois le résultat d’exploitation, l’opération offrirait un retour sur capitaux employés de 11%» calculaient-ils. Avec ce ratio, la division est évaluée un peu plus de 7,4 milliards de dollars, moins que les 22 milliards évoqués en avril pour la totalité de Tyco.
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