TUI résiste bien mieux que Thomas Cook à la dégradation de la conjoncture
Si la conjoncture apparaît de plus en plus difficile dans le secteur du tourisme, les deux premiers voyagistes européens en ressentent différemment les effets. L’allemand TUI, propriétaire du leader européen TUI Travel, vient de publier sur son exercice clos le 30 septembre dernier un bénéfice d’exploitation en progression de 1,8% à 600 millions d’euros légèrement supérieur aux attentes, en parvenant à réduire sa dette de près de 65% à 817 millions d’euros.
En dépit d’un contexte marqué par «une faiblesse de la croissance en Europe et des coûts de l’énergie qui demeurent élevés», le président du directoire de TUI, Michael Frenzel, anticipe une «croissance modérée» du chiffre d’affaires et du bénéfice d’exploitation du groupe pour l’exercice 2011/2012, en misant sur sa capacité à répercuter ses coûts sur la clientèle. Il a également annoncé la fusion prochaine des enseignes françaises Nouvelles Frontières et Marmara, ce qui accélérera la simplification des structures du groupe allemand. Michael Frenzel indique enfin avoir reçu plusieurs marques d’intérêt pour Hapag-Lloyd, la filiale de fret maritime en difficulté dont TUI veut totalement se désengager.
La restructuration sera bien plus pénible pour son concurrent britannique Thomas Cook qui a publié une perte annuelle avant impôts à fin septembre de 573 millions de livres (682 millions d’euros), dont 428 millions de livres liées à des dépréciations de survaleurs et des provisions pour réorganisation. Le bénéfice d’exploitation hors exceptionnels a diminué de 16% à 304 millions de livres. Thomas Cook va donc réduire de 15% sa flotte d’avions et fermer 200 agences au Royaume-Uni au cours des deux prochaines années, afin de générer des économies de 110 millions de livres par an. «Nous essayons de tirer un trait sur le passé avec la publication de ces résultats», commente Sam Weihagen, directeur général du tour opérateur, en tablant sur un exercice 2011/2012 encore délicat.
Le holding russe Sistema compte par ailleurs revendre sa participation au capital de Thomas Cook, a déclaré son vice-président Alexeï Bouianov, en précisant que les actions, qu’il compte convertir en cash, «ne seront pas vendues au cours actuel ». Thomas Cook avait racheté le voyagiste russe Intourist à Sistema fin 2010, ce dernier ayant alors pris 1,95% au capital du voyagiste britannique.
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