Toyota met genou à terre face à l’accumulation des catastrophes naturelles
Séisme du 11 mars dernier, morosité du consommateur, vigueur du yen, ou finalement inondations thaïlandaises, ces maux variés ont tous le même résultat : pénaliser la performance des groupes industriels japonais. Quelques jours après un discours peu rassurant de Sony, Toyota est sorti du bois hier. A l’occasion de la publication de résultats trimestriels à fin septembre inférieurs aux attentes (passant par un recul de 32% du résultat opérationnel à 75,4 milliards de yens, l’équivalent de 700 millions d’euros), le constructeur automobile a tout simplement renoncé à communiquer toute prévision d’activité et de résultats pour l’exercice complet à fin mars prochain. Suivant ainsi l’exemple donné la semaine passée par le concurrent Honda, alors que Nissan a relevé ses ambitions annuelles. Toyota s’est retranché hier derrière un besoin de temps supplémentaire nécessaire pour évaluer l’impact des intempéries thaïlandaises.
Toyota tombe donc de haut, le groupe misant jusqu’ici sur une stabilité de ces indicateurs par rapport à l’exercice 2010-2011, avec des ventes similaires de 19.000 milliards de yens, un résultat opérationnel en repli de 3,9% (à 450 milliards) et un bénéfice net en baisse de 4,4% (à 390 milliards).
Pas encore totalement remise en ordre de marche depuis mars, la chaîne mondiale de production a été de nouveau frappée le mois dernier. Toyota a indiqué hier que les difficultés d’approvisionnement réduiraient sa production de quelque 150.000 véhicules entre le 10 octobre et le 12 novembre. Alors que, selon l’association professionnelle du secteur, le séisme du 11 mars a entraîné une chute de 18,5% de la production des constructeurs automobiles au premier semestre de l’exercice fiscal. De quoi pour Toyota perdre en 2011 une couronne de numéro un mondial acquise l’an dernier de General Motors. Encore l’abandon des prévisions annuelles laisse-t-il craindre que le groupe navigue à vue et que le pire n’est pas encore certain.
La vigueur du yen tient également une place de choix dans ce contexte, Toyota chiffrant à 80 et 130 milliards de yens respectivement l’impact sur son bénéfice net des variations de changes sur trois mois et six mois à fin septembre. Mais le constructeur automobile assure ne pas souhaiter délaisser l’Archipel et en appelle au gouvernement, qui doit selon le PDG Akio Toyoda «agir rapidement pour combattre le yen fort».
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