Total veut regrouper raffinage et pétrochimie pour accroître la rentabilité des capitaux
En gestation depuis des mois, le processus de rapprochement entre les activités de raffinage et la pétrochimie de Total est en bonne voie. Si le groupe pétrolier ne fait aucun commentaire, il ne dément pas le projet. Selon les informations transmises par les syndicats, il s’agirait de créer une seule entité, regroupant pétrochimie et raffinage, après avoir rendu autonome le pôle distribution (stations-service…). L’unité créée serait placée sous la responsabilité de Patrick Pouyanné, actuel directeur général adjoint de la branche chimie. Le pôle distribution serait dirigé par Michel Bénézit. En rendant ce pôle autonome, Total pourrait détacher les résultats d’une activité distribution, qui fait la une des journaux au moment de la flambée de l’essence, mais qui ne serait pas si rentable qu’on le dit.
Le principal objectif de cette réorganisation, la plus importante du groupe depuis la création d’Arkema en 2004, vise surtout à améliorer la rentabilité des divisions pétrochimie et raffinage. Lors de la présentation des résultats annuels 2010, Christophe de Margerie, le patron de Total, avait indiqué vouloir mettre en œuvre plus de synergies entre les deux activités, proches d’un point de vue opérationnel. Avec des objectifs financiers clairs: doubler le cash-flow net de l’aval-chimie d’ici à 2015, pour le porter à environ 3 milliards d’euros par an, en milieu de cycle de la pétrochimie; et amener le taux de rentabilité des capitaux employés moyen à 13%, contre 9% en 2010 et 5,5% en 2009, année où la pétrochimie se trouvait en bas de cycle.
Cette opération accompagnera le plan de réduction des capacités de raffinage en cours. Alors qu’en 2006, Total pouvait raffiner 2,3 millions de barils par jour, la capacité tombera à 1,8 million d’ici la fin de l’année 2011. Le groupe négocie actuellement la cession de la raffinerie de Lindsey, il a réduit les capacités de celle de Normandie, et a annoncé la fermeture de la raffinerie de Dunkerque. Ce plan doit permettre de diviser par deux le point mort du pôle raffinerie. Mais pour certains observateurs, le rapprochement entre raffinage et pétrochimie serait le prélude à une sortie complète de Total de ces activités, une fois ses engagements sociaux tenus en France. Le groupe serait alors totalement concentré sur l’exploration et la production de pétrole. Après avoir été créé en 2004, Arkema avait été scindée en Bourse deux ans plus tard.
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