Total mise sur le gisement brésilien de Libra pour pérenniser sa production
Total a obtenu hier 20% de l’important gisement pétrolier brésilien de Libra au terme d’une adjudication qui en a attribué les parts à un consortium conduit par la compagnie publique locale Petrobras. L’adjudication n’a donné lieu qu'à une offre unique, soulignant la désaffection d’une bonne partie des géants pétroliers mondiaux pour cette vente.
En dépit de l'énorme potentiel des régions maritimes du Brésil, beaucoup de pétroliers et d’autres investisseurs potentiels ont en effet préféré s’abstenir car ils estiment que les dispositions des nouvelles concessions ne sont guère intéressantes d’un point de vue profit et accordent un rôle trop important à l’Etat et à Petrobras.
De fait, Petrobras a pris une participation de 40% dans le gisement, soit 10% au-dessus du minimum légal. Total et Royal Dutch Shell auront chacun 20%, tandis que les chinois China National Petroleum et CNOOC se partageront à égalité les 20% restants. Onze compagnies pétrolières seulement avaient signé pour participer à l’adjudication mais malgré tout certaines d’entre elles ont préféré passer leur tour.
Le champ de Libra est situé en eaux très profondes (2.000 mètres environ), à 170 kilomètres des côtes de Rio de Janeiro, et couvre une superficie de 1.550 kilomètres carrés.
Les membres du consortium ont proposé de payer 15 milliards de réaux (plus de 5 milliards d’euros) d’avance en contrepartie de leur participation et d’investir au moins 610,9 millions de réaux dans de nouvelles prospections. En contrepartie de sa participation, Total versera donc 3 milliards de réaux dans le cadre de ce contrat de partage de production de trente-cinq ans.
Certains observateurs ont été surpris de la présence de Total et de Shell, nombre d’entre eux pensant que les candidats seraient essentiellement Petrobras et d’autres sociétés publiques, surtout chinoises.
«Libra offre une opportunité unique de participer au développement d’un méga-gisement offshore avec des partenaires stratégiques», a quoi qu’il en soit réagi Christophe de Margerie, le PDG de Total. Le dirigeant assure que le positionnement du groupe «dans le bassin pré-salifère de Santos renforce et diversifie notre portefeuille amont et conforte ainsi notre stratégie de pérennisation de la production après 2017 pour la prochaine décennie».
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