Total doit rassurer les investisseurs sur le dividende et la croissance de la production

Le PDG du groupe pétrolier, Christophe de Margerie, a évoqué la semaine passée un éventuel renforcement du programme de cessions d’actifs
Benoît Menou

La journée de présentation aux investisseurs organisée aujourd’hui à Londres par Total ne devrait pas manquer de relief. Si toutefois le groupe pétrolier français répond aux attentes de l’assistance en lui fournissant des précisions concernant particulièrement ses ambitions en termes de niveaux de production et, surtout, d’investissement. Ce dernier élément pourra laisser présager, ou pas, une attitude conciliante au sujet du niveau de distribution de dividende. Les analystes de la Société Générale s’attendent à un «message rassurant à destination des actionnaires».

Après que le directeur financier Patrick de La Chevardière a estimé en juillet que 2013 pourrait bien constituer un pic des investissements à 28 milliards de dollars, les observateurs guettent une indication selon laquelle la tendance pourrait permettre de sécuriser le niveau de distribution.

Tirant parti de cours du pétrole historiquement élevés, le groupe a consenti ces dernières années des investissements records, passant par treize projets majeurs. Et mercredi dernier, le PDG de Total, Christophe de Margerie, a confié au Wall Street Journal que le prix du brut devrait prochainement redescendre entre 100 et 110 dollars le baril, contre près de 120 aujourd’hui, si la situation s’apaisait en Syrie, en Egypte ou en Libye.

Mais, comme le souligne l’analyste Iain Pyle de Bernstein cité par Reuters, une accalmie en termes d’investissements ne devrait pas se traduire par une progression du dividende de Total avant l’année prochaine. Pour autant, le PDG a également indiqué au quotidien américain que le groupe pourrait bien revoir à la hausse son programme de cessions d’actifs afin de financer ses investissements. Total vise pour l’heure à fin 2013 la limite basse de son objectif de désinvestissements de 15 à 20 milliards de dollars entre 2012 et 2014.

Dans ce contexte où les actionnaires espèrent récolter en termes de dividendes les fruits des montants investis dans la production, les observateurs prêteront également une oreille attentive aux attentes de Total quant à l’évolution de cette production. Alors que le groupe a déjà déçu en la matière en ne respectant pas ses objectifs, Iain Pyle estime concernant la croissance attendue que «le chiffre en lui-même n’est pas très important».

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