Total choisira en interne le successeur de Christophe de Margerie
Ces plans de crise sont censés rester dans un coffre. Depuis hier, Total est confronté à la mise en œuvre douloureuse de la procédure de succession en urgence de son PDG après le décès, lundi soir, de Christophe de Margerie dans un accident d’avion en Russie. «Le groupe est organisé pour assurer la bonne continuité de sa gouvernance et de ses activités, pour faire face à cet événement tragique», a déclaré hier dans une brève allocution Jean-Claude Guilbaud, le secrétaire général de Total.
Présidé par Thierry Desmarest, président d’honneur et membre du conseil d’administration de Total, le comité de gouvernance et d'éthique doit se réunir dans «les plus brefs délais», a indiqué Jean-Claude Guilbaud sans plus de précisions. Outre Thierry Desmarest, le comité est composé de Patrick Artus, Gunnar Brock, Bertrand Collomb et depuis juillet 2014 de Barbara Kux. Ces cinq administrateurs ont la charge de définir le mode de succession la plus adapté à la situation, entre une solution intérimaire, confiée par exemple au directeur financier Patrick de la Chevardière, ou définitive. Dans ce cas, le comité de gouvernance devra choisir le nom du successeur retenu avant qu’il ne soit confirmé en conseil d’administration.
Même si les limites d'âge avaient été repoussées lors de la dernière assemblée générale afin de permettre à Christophe de Margerie d'être reconduit dans ses fonctions, le processus de succession était déjà engagé en interne, comme le veut la pratique chez Total. Philippe Boisseau, directeur général de la branche marketing & services, et Patrick Pouyanné, patron de la branche raffinage-chimie, tous deux membres du comité exécutif, font figure de favoris depuis plusieurs mois déjà. Arnaud Breuillac est également cité. Plus jeune que les deux autres membres du comité exécutif, il a toutefois l’avantage de diriger la branche exploration-production, le cœur du réacteur de Total, poste occupé par Christophe de Margerie avant qu’il ne prenne la direction générale en 2007.
En mai 2006, Michelin a connu la même crise que Total à la suite du décès accidentel d’Edouard Michelin, son co-gérant, lors d’une sortie en mer en Bretagne. Mais, au-delà du choc humain, la structure en commandite par actions avait facilité la gestion de cette disparition. Michel Rollier, également co-gérant du fabricant de pneumatiques, avait immédiatement assuré la continuité de la direction avant de nommer un nouveau co-gérant.
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