ThyssenKrupp se donne neuf mois pour mener à bien sa profonde réorganisation
Afin d’assurer son rebond, ThyssenKrupp devra mener de front plusieurs chantiers de transformation. Le premier concerne l’amélioration d’une gouvernance jusqu’ici lacunaire, d’où le départ de la moitié des six membres du directoire à la fin de cette année, sur fond d’erreurs de gestion doublées d’une forte suspicion de corruption. Cette décision, qui vient d’être approuvée par son conseil de surveillance, s’accompagne du licenciement d’une cinquantaine de cadres dirigeants pour «violation des règles de conformité et faute professionnelle». Le nouveau directoire ne devrait pas comprendre plus de cinq personnes.
Le conglomérat allemand entend également accélérer la diminution de ses coûts et renforcer son efficacité opérationnelle en fusionnant certaines divisions dont le nombre passera de huit à cinq. Ces changements devraient engendrer «un impact positif cumulé de 2 milliards d’euros sur le bénéfice d’exploitation au cours des 3 prochaines années».
Si son endettement net au 30 septembre a progressé de plus de 60% à 5,8 milliards d’un an sur l’autre, des liquidités globales de 6,7 milliards lui permettent de faire face à ses échéances financières jusqu’à fin 2016. Ceci ne prend pas en compte la vente à Outokumpu du pôle d’aciers inoxydables (Inoxum), qui doit être finalisée d’ici fin décembre et qui rapportera 1 milliard de trésorerie supplémentaire.
Le groupe doit ensuite s’atteler à la cession de sa division «Aciers Amériques», désormais sortie du périmètre de consolidation, sur laquelle il vient de passer une dépréciation de 3,6 milliards. Les analystes de Deutsche Bank anticipent un prix de cession compris «entre 2,5 et 3 milliards», à comparer à une valeur comptable ramenée à 3,9 milliards. «Nous avons comme objectif de travailler dans une structure rénovée d’ici octobre 2013», affirme le président du directoire Heinrich Hiesinger, en ajoutant avoir reçu cinq marques d’intérêt pour la division «Aciers Amériques».
Concernant l’exercice 2012-2013, le groupe table sur un bénéfice d’exploitation ajusté d’environ 1 milliard sur les activités poursuivies, avec un chiffre d’affaires stable à 40 milliards. En limitant à 1,4 milliard ses investissements, il prévoit un cash-flow libre à l’équilibre avant cessions d’actifs. En dépit de la suspension annoncée du dividende au titre de l’exercice écoulé, ce plan de redressement a été salué hier par un gain de 5,6% de l’action à 17,2 euros.
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