ThyssenKrupp pourrait être confronté à un effet de ciseaux d’ici à fin 2011
ThyssenKrupp n’a pas pleinement profité de la forte hausse trimestrielle (+29% à 14,1 milliards d’euros) de son carnet de commandes à fin juin. Si son chiffre d’affaires a progressé de 10% à 12,9 milliards d’euros conformément aux attentes, le bénéfice d’exploitation (Ebit) ajusté est resté stable à 566 millions, contre 590 millions anticipé par le consensus. Cet ajustement exclut les éléments non récurrents et les coûts de développement de nouvelles capacités de production au Brésil et aux Etats-Unis, qui ont entraîné des pertes dans sa division Aciers Amériques.
Le sidérurgiste allemand maintient pour l’ensemble de son exercice finissant le 30 septembre des objectifs «ambitieux» d’une croissance de 10% à 15% du chiffre d’affaires et d’un Ebit ajusté d’environ 2 milliards. Mais il a reconnu «un ralentissement de la demande globale» par rapport au trimestre précédent. Le prix des bobines laminées à chaud, utilisées dans l’automobile et la construction, a ainsi reculé de 4,3% au cours du trimestre écoulé. Ce commentaire tranche avec celui de son concurrent Salzgitter, qui avait mentionné jeudi dernier un «environnement économique favorable et des baisses de coûts» à l’appui de son retour aux bénéfices au premier semestre, accompagné de ventes en hausse de 18%.
Comme l’indique Fitch Ratings, les prix de l’acier et le niveau de la demande en Europe occidentale ont bénéficié depuis l’automne 2010 d’un «phénomène de restockage désormais largement réalisé», d’où «une incertitude sur l’évolution de la demande finale au deuxième semestre». En cas de ralentissement économique, le groupe allemand éprouverait des difficultés croissantes à répercuter la hausse du coût des matières premières à sa clientèle, notamment dans le secteur automobile. Selon les analystes d’HSBC, le prix du minerai de fer pourrait croître en moyenne cette année de plus de 30%.
Il aurait également plus de mal à mener à bien un plan de désinvestissement portant sur un quart de son activité, afin de réduire une dette financière de 6,2 milliards d’euros à fin juin. Cela concerne notamment les chantiers navals civils en Allemagne, pour lesquels une lettre d’intention a été signée avec un investisseur britannique la semaine dernière, ainsi que sa division d’acier inoxydable, tout juste bénéficiaire, qui pourrait être mise en Bourse, scindée ou cédée à un tiers.
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