Thyssenkrupp et Tata Steel créent le premier concurrent européen d’ArcelorMittal
Thyssenkrupp et son concurrent indien Tata Steel ont signé mercredi un protocole d’accord en vue d’une fusion de leurs opérations en Europe dans une coentreprise à parité, qui deviendrait le numéro deux de la sidérurgie du Vieux Continent derrière ArcelorMittal. Les sidérurgistes ont expliqué que cette fusion s’imposait dans un contexte de surcapacité d’un marché européen exposé aux importations à bas prix de Chine et d’ailleurs, à une demande médiocre du secteur du BTP et à des sites devenus inefficaces. «Personne ne peut résoudre seul les problèmes structurels de l’Europe. Nous souffrons tous de surcapacité et cela veut dire que tout le monde poursuit les mêmes efforts de restructuration», a expliqué Heinrich Hiesinger, président du directoire de ThyssenKrupp.
Le siège social du nouvel ensemble, baptisé Thyssenkrupp Tata Steel, sera situé à Amsterdam ou dans les environs, a indiqué Thyssenkrupp. Des négociations se tiendront à présent pour peaufiner l’accord et chacun des partenaires pourra consulter les livres de comptes de l’autre avant la signature du contrat définitif de la coentreprise attendue au début de 2018, a précisé Thyssenkrupp.
Le protocole d’accord, largement attendu après les déclarations faites par Thyssenkrupp la semaine dernière selon lesquelles un accord pourrait être conclu ce mois-ci, prévoit des synergies de 400 à 600 millions d’euros par an et jusqu'à 4.000 suppressions de postes, soit 8% environ de l’ensemble des effectifs. Le puissant syndicat allemand IG Metall de la sidérurgie et de la métallurgie a exigé des garanties sur l’emploi en échange de son approbation. Le gouvernement et les syndicats britanniques ont salué ce rapprochement mais ils veulent eux aussi des garanties sur l’emploi et le respect des engagements vis-à -vis du développement de l’activité de Port Talbot, premier site sidérurgique de Grande-Bretagne situé au Pays-de-Galles.
Tata Steel a conclu le mois dernier un accord majeur qui lui permettra de réduire son poste retraites de 15 milliards de livres (17 milliards d’euros), une question qui a longtemps été considérée comme la principale pierre d’achoppement de discussions qui ont duré plus d’un an et demi.
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