ThyssenKrupp adossera à Outokumpu son pôle acier inoxydable valorisé 2,7 milliards d’euros

Le sidérurgiste allemand prendra une participation de 29,9% dans la nouvelle entité qui fera l’objet d’une restructuration étalée sur 5 ans
Yves-Marc Le Reour

L’accélération des négociations entre ThyssenKrupp et Outokumpu vient de déboucher sur un accord de principe entre les deux sidérurgistes. Conseillé par Rothschild, Citigroup et Deutsche Bank, le groupe allemand adossera sa filiale d’acier inoxydable Inoxum, dont il souhaitait depuis plusieurs mois se désengager, aux activités de son concurrent finlandais.

Les discussions ont impliqué non seulement la direction des deux aciéristes, mais aussi les syndicats allemands. Ces derniers ont donné leur aval à cette opération qui confère à Inoxum une valeur d’entreprise d’environ 2,7 milliards d’euros.

Ayant choisi JPMorgan et Nordea comme banques conseils, Outokumpu versera au groupe allemand un milliard d’euros en numéraire et prendra à sa charge la dette et les engagements de retraite d’Inoxum (650 millions au total), tandis que ThyssenKrupp détiendra une participation de 29,9% dans la nouvelle entité. Selon les analystes de Credit Suisse, l’opération devrait avoir un impact favorable sur la valorisation de ThyssenKrupp dont le cours de Bourse actuel «donne une valeur nulle aux actifs en voie d’être scindés». Pour financer sa part payée en cash, le spécialiste finlandais des aciers inoxydables procèdera à une augmentation de capital d’un milliard d’euros, garantie par ses actionnaires de référence.

Les synergies découlant de l’opération, visibles à partir de 2014, «devraient être comprises entre 225 et 250 millions d’euros en 2017 au plus tard». La fonderie d’Inoxum à Krefeld en Rhénanie du Nord-Westphalie sera fermée d’ici au 31 décembre 2013 et l’usine de Bochum, située dans le même Land, sera maintenue jusqu'à fin 2016. Les deux groupes ont garanti qu’il n’y aurait «aucun licenciement économique sur les autres sites allemands d’Inoxum avant fin 2015» et que les 850 suppressions d’emplois programmées donneraient lieu à des reclassements au sein de ThyssenKrupp à hauteur de 70%.

Faisant suite à la scission d’Aperam par ArcelorMittal en janvier 2011, cette transaction qui devra être approuvée par les autorités réglementaires contribuera à soulager un segment de marché dont les marges en Europe ont été érodées par des surcapacités de production et des importations d’acier chinois à bas prix. L’action ThyssenKrupp a gagné 2,7% hier, alors que le titre Outokumpu a abandonné 14,7%.

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