Thomas Cook rassure à court terme mais les incertitudes demeurent

Le voyagiste signe une ligne de 200 millions de livres et obtient un assouplissement de ses « covenants » bancaires
Bruno de Roulhac

Thomas Cook (TCG) rassure les marchés. Avec l’obtention d’une nouvelle ligne de crédit de 200 millions de livres (233 millions d’euros), l’action du voyagiste a rebondi hier de 20,59% à 21,73 pence. Un niveau encore loin des 200 pence de début d’année.

Cette facilité, disponible jusqu’au 30 avril 2013, a été obtenue auprès d’un groupe de banques, mené par Barclays, HSBC, RBS et UniCredit. Elle vient remplacer la ligne de 100 millions de livres annoncée le 21 octobre dernier. Thomas Cook paiera une marge initiale de 500 points de base au-dessus du Libor, en hausse de 50 points de base chaque trimestre.

Les banques recevront des BSA (warrants), exerçables jusqu’en mai 2015 à un prix égal au cours moyen des 25 et 28 novembre. Ces bons donnent droit à 4,9% du capital de TCG.

En outre, Thomas Cook a obtenu un assouplissement de ses covenants bancaires. Le ratio dette nette ajustée sur Ebitdar doit être inférieur ou égal à 5 jusqu’à la fin 2011, à 4,75 jusqu’à fin mars 2012, et à 4,5 au-delà, contre 4,25 auparavant. En matière de couverture des charges, le ratio Ebitdar sur charges fixes doit être supérieur à 1,5 fois, contre 1,75 auparavant. Ces nouveaux arrangements entraîneront un coût exceptionnel de 10 millions de livres.

«Nous pensons que c’est la première étape vers une restructuration plus profonde financière», note Exane. Malgré cet accord bancaire, «les incertitudes restent élevées», ajoute Credit Suisse. «Ces nouvelles facilités bancaires ne règlent pas le problème à moyen terme de TCG qui dispose d’un endettement trop élevé, poursuit Natixis. Une émission de capital nous semble ainsi très probable, ce qui serait très dilutif pour les actionnaires».

Thomas Cook publiera ses résultats annuels la semaine du 12 décembre. Le groupe devrait détailler ses tendances de réservation, son plan de restructuration, et son programme de cessions d’actifs pour réduire son endettement. Natixis estime la dette brute de Thomas Cook à 1,75 milliard de livres fin 2011, pour 1,85 milliard de facilités bancaires. «Nous continuons à voir peu de raisons fondamentales pour acheter dans une histoire de restructuration potentielle à ce stade, avec TCG toujours en quête d’un nouveau PDG (que dire d’un nouveau directeur financier?)», poursuit Exane, fixant un objectif de cours de 1 pence. Pour sa part, Credit Suisse maintient une cible de 100 pence, dans l’attente des annonces de mi-décembre.

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