Theolia veut croire à un nouvel envol sous la coupe de Macquarie

Un fonds d’infrastructures de la banque australienne a dévoilé un projet d’OPA amicale sur le producteur français d’énergie éolienne
Benoît Menou

Theolia trouve un second souffle. Le producteur français d’énergie éolienne fait en effet l’objet d’un projet d’offre publique d’achat amicale de la part d’un mastodonte de l’investissement en infrastructures, la banque australienne Macquarie, par l’intermédiaire de Macquarie Infrastructure and Real Assets (Mira).

Mira lance une OPA, sur les conseils de SG CIB, sur les actions Theolia au prix unitaire de 1,70 euro. Ce dernier valorise le capital à 110 millions d’euros et représente une prime de 51,8% sur le cours de clôture de vendredi. L’acquéreur propose en outre 15,29 euros par Océane (Obligation à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles ou existantes) et 0,002 euro par BSA (bon de souscription d’action). L’OPA, soumise à l’approbation de l’AMF et de l’autorité allemande de la concurrence, est conditionnée à l’apport de deux tiers des droits de vote.

Quatre actionnaires (Michel Meeus, président du conseil d’administration, Fady Khallouf, directeur général, Pierre Salik, Brigitte Salik), représentant 13,45 % du capital et 17,96% des droits de vote, se sont engagés à répondre favorablement à l’offre. Fady Khallouf, à qui Macquarie accorde sa confiance pour rester aux commandes, voit dans l’investisseur un partenaire «idéal». Tandis que le conseil d’administration a approuvé l’offre à l’unanimité, sur les conseils de Credit Suisse et sur la base notamment de l’attestation d’équité du cabinet Finexsi.

Cette offre est «la moins mauvaise issue pour les actionnaires», confie pour sa part Yves Jacquin Depeyre, actionnaire à près de 5% du capital, et qui recommande d’apporter ses titres à l’offre.

Le géant australien jette aujourd’hui son dévolu sur Theolia, une opération modeste à l’échelle de ses actifs mais symbolique de l’environnement difficile subi par les producteurs indépendants d’énergie.

En devenant un «actionnaire de contrôle de long terme», Macquarie entend apporter la «stabilité» à sa cible et lui permettre de «poursuivre son plan de développement», en éclairant son horizon sur ses échéances de dette. Vu la piètre performance boursière de Theolia, la société aurait dû refinancer avant fin 2014 ses convertibles «avec une dilution potentielle plus élevée pour les actionnaires existants», souligne Kepler Cheuvreux,

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