Theolia est de nouveau confronté au remboursement de ses Oceane
Atterrissage brutal pour Theolia. L’action du producteur d’électricité d’origine éolienne s’est effondrée hier de 23,81% à 1,28 euro, avec près de 20% de son capital échangé, après l’échec de l’OPA de Macquarie. Si l’action s’était ajustée juste en dessous du prix de 1,70 euro offert pendant toute la durée de l’offre, elle est retombée sur ses niveaux de juin dernier.
Le fonds d’investissement avait conditionné son offre à l’obtention d’au moins deux tiers des droits de vote, afin de garantir l’augmentation de capital qui aurait dû suivre, mais n’a obtenu que 64,49% du capital et 64,79% des droits de vote. En revanche, près de 100% des Oceane ont été apportées. D’aucuns craignent que le titre chute de nouveau demain. Les actionnaires ayant récupéré les titres apportés à l’offre pourraient en effet être tenté de les céder pour sortir de ce guêpier.
L’Association de défense des actionnaires minoritaires de Theolia (Adamt) s’est félicitée de l’échec du «hold-up» sur les actionnaires, estimant l’offre «insuffisante», puisqu’inférieure à l’actif net. L’Adamt appelle maintenant Theolia à convoquer une assemblée générale, pour ouvrir le conseil d’administration à des administrateurs «réellement indépendants et revenir ainsi à une gouvernance éthique et responsable». Contacté par L’Agefi, Theolia n’était pas joignable pour commenter les demandes de l’Adamt, ni pour préciser les actions judiciaires évoquées vendredi.
Le défi du groupe reste le remboursement des Oceane en janvier 2015, valorisée 112 millions d’euros dans les comptes de Theolia fin juin. Or, le groupe dispose de seulement 24 millions de trésorerie disponible. Aussi pour 2014, Kepler Cheuvreux anticipe la cession d’actifs représentant 20% de la capacité installée, une augmentation de capital de 22 millions au prix de 1,40 euro, la valeur nominale de l’action, et l’émission de 34 millions de nouvelles dettes.
Pour sa part, l’Adamt propose de mettre en vente immédiatement le parc solaire et les filiales Ecoval et Seres, de vendre certains parcs à TUIC (véhicule d’investissement de Theolia) dont c’est la raison d’être, d’utiliser une partie de la trésorerie pour le désendettement, de faire la lumière sur l’affaire Breeze, acquis début 2013, et d’offrir un taux d’intérêt plus attractif aux porteurs d’Oceane de façon à en convaincre un certain nombre de refinancer partiellement l’Oceane.
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