Thales engage les grandes manœuvres avec Nexter dans le secteur de l’armement terrestre

Le conseil d’administration a donné son feu vert au projet d’entrée dans l’ex-Giat Industries en échange de sa division de munitions
Antoine Duroyon

Dans un entretien au Monde en septembre dernier, le délégué général pour l’armement, Laurent Collet- Billon, prônait des rapprochements entre industriels français de la défense pour mieux affronter la concurrence et répondre aux besoins d’investissement. Son appel est en passe d'être entendu avec la présentation faite hier d’un projet de rapprochement entre Thales et Nexter.

Le conseil d’administration de l'équipementier pour la défense, l’aérospatiale et la sécurité, dont l’Etat détient 27%, a donné son feu vert aux discussions devant conduire à une prise de participation dans le groupe public d’armement terrestre (ex-Giat Industries) en échange de l’apport de ses activités de mortiers et de munitions associés (TDA Armements). Objectif : combiner ces actifs, qui ont généré 100 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, avec ceux de Nexter Munitions (150 millions d’euros de chiffre d’affaires). Un accord de coopération technologique et commerciale serait également signé. Selon Les Echos de jeudi, Thales prendrait 10 à 15% de Nexter.

«Ce projet constitue une nouvelle étape dans la consolidation de l’industrie de la défense en Europe, au bénéfice de la compétitivité et de l’emploi dans le secteur», a défendu Thales dans un communiqué. Thales et Nexter, jusqu'à présent entièrement entre les mains de l’Etat français, sont déjà associés au sein d’un consortium créé dans le cadre du programme Scorpion qui doit assurer la modernisation des unités de combat au sol.

Par ailleurs, le conseil d’administration de Thales a validé l’exercice d’une option lui permettant de porter sa part - détenue depuis 2007 - dans le constructeur naval DCNS de 25% à 35%. Le groupe comptera désormais 3 administrateurs sur 18 au conseil de DNCS (soit 1 de plus qu'à l’heure actuelle) avec des droits de gouvernance afférents qui n’ont pas été communiqués. L’Etat réduira sa part de 74% à 64% du capital, les salariés détenant le solde.

Sur deux autres dossiers de consolidation hautement sensibles; la création d’une coentreprise à but commercial avec Safran dans l’optronique et le rachat avec ce dernier des 20% d’Areva dans Sofradir, le communiqué de Thales reste muet. Selon une source syndicale citée par Reuters, le conseil de Thales a entériné le principe d’un protocole d’accord dans les deux cas, mais a choisi de ne pas en faire étalage.

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