Tesco pourrait mettre du temps avant de retrouver une note «investment grade»
Les craintes de dégradation de la note crédit de Tesco se sont vite concrétisées. Dès jeudi soir, Moody’s a placé le distributeur britannique en catégorie spéculative, abaissant sa note d’un cran à «Ba1», entraînant une baisse de 2,46% de l’action vendredi après, il est vrai, un bond de 15% la veille. Fitch a pour sa part confirmé sa note «BBB-» et sa perspective négative. S&P ne s’est pas encore prononcé.
«Les changements structurels dans la distribution alimentaire britannique vont continuer à compliquer la performance opérationnelle du groupe, même avec les importantes mesures de restructuration annoncées», explique Moody’s. Tesco a divisé par deux son programme d’investissement et a coupé le dividende de cette année. Ces économies devraient «être proches de 2 milliards de livres en 2015-2016», note l’analyse crédit de Natixis.
Le distributeur a aussi annoncé la cession de Blinkbox et de Tesco Broadband, mais ces deux activités déficitaires n’apporteront pas de cash. Le groupe étudie les options pour Dunnhumby, valorisée 2 à 3 milliards de livres, mais ne juge pas urgent de céder des actifs, ses 5 milliards de livres de disponibilités financières étant suffisants pour l’exploitation de l’entreprise.
Les efforts pour stabiliser l’activité au Royaume-Uni et pour protéger le bilan «prendront du temps pour être mis en œuvre, et le niveau de levier de la société restera probablement au-delà de ce que nous attendons pour un profil investment grade», poursuit Moody’s. Alors que le ratio dette brute sur Ebitda était de 5,4 à la fin du premier semestre et de 4,1 l’an dernier, l’agence de notation l’attend à 6 pour l’exercice clos fin février 2015. Pour conserver sa note actuelle, le ratio de levier de Tesco devra tomber sous le seuil des 5,5 dans les 12 à 18 prochains mois, prévient Moody’s. Le distributeur retrouverait une note en catégorie investissement avec un ratio de 4,5. « Il faudrait une hausse de l’Ebitda de plus de 12% au cours des deux prochaines années pour faire tendre ce ratio à 4,5 fois d’ici fin février 2017, selon l’analyse crédit de Natixis. Une telle amélioration de résultat semble être considérable au regard de l’environnement de marché».
Quoi qu’il en soit, «une dégradation en catégorie high yield est selon nous largement intégrée dans les niveaux de spreads actuels», poursuit Natixis. «Même en high yield, nous continuons de trouver que les obligations Tesco sont un investissement intéressant», ajoute Aurel BGC.
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