Telefonica réduit son engagement capitalistique en Amérique centrale
Alors que les rumeurs d’une cession de ses activités en Amérique centrale s’étaient multipliées ces dernières semaines, Telefonica semble avoir trouvé un bon compromis pour maintenir à moindre coût sa présence dans la région. L’opérateur télécoms a en effet signé un accord avec le conglomérat Corporacion Multi Inversiones (CMI) pour lui vendre 40% de ses actifs au Salvador, au Guatemala, au Nicaragua et au Panama. Il est à noter que les opérations déficitaires du groupe au Costa Rica sont exclues du périmètre de la transaction.
Le montant de l’opération, qui s’élève à 500 millions de dollars (385 millions d’euros), «correspond à un multiple de 6,5 fois l’excédent brut d’exploitation (EBE) 2012 des activités incluses dans le périmètre de la transaction», précise le communiqué de Telefonica. L’accord prévoit un complément de prix pouvant atteindre 72 millions de dollars en fonction de l’évolution de la performance opérationnelle des activités concernées. La valorisation de l’opération se compare favorablement à celle de Telefonica qui se traite à 4,5 fois son EBE historique.
Implanté depuis quinze ans en Amérique centrale, l’opérateur va accroître sa flexibilité financière en adossant une partie de ses activités à un groupe familial parmi les plus importants d’Amérique latine, présent dans la volaille, la restauration, les énergies renouvelables, la construction ou la finance. La transaction implique la création d’une coentreprise détenue majoritairement par Telefonica, ce qui n’aura donc aucun impact sur ses résultats consolidés. Les analystes de Bankia soulignent que le flux de trésorerie positif pour Telefonica sera compris «entre 385 et 440 millions d’euros», soit «moins de 1% de sa dette nette» qui s’élevait à 50,3 milliards d’euros à fin 2012.
Cette solution fait également figure d’alternative au projet de cotation de ses activités sud-américaines auquel le groupe a renoncé fin février, en raison d’une valorisation jugée trop faible. A la recherche de tous les moyens possibles pour réduire son endettement, Telefonica a placé fin mars 2% de son capital détenu en autocontrôle, ce qui lui a rapporté près d’un milliard d’euros. Après avoir mis en Bourse à l’automne dernier 20% de Telefonica Deutschland, il a indiqué en début de semaine être toujours ouvert à un rapprochement entre sa filiale allemande et celle de KPN (E-Plus) dans ce pays.
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