Telefonica ne règle pas le surendettement de Telecom Italia
Le brouillard qui entourait le capital de Telecom Italia se dissipe. A quelques jours de l’échéance fixée par leur pacte, les quatre grands actionnaires de l’opérateur de télécoms italien ont trouvé un accord qui permet à Telefonica de renforcer sa position et qui offre une sortie honorable aux trois actionnaires financiers, Mediobanca, Intesa Sanpaolo et Generali.
Dans un premier temps, Telefonica portera de 46% à 66% sa participation dans Telco, holding qui détient 22,4% de Telecom Italia, en souscrivant à une augmentation de capital de 324 millions d’euros. L’espagnol ne disposera pas des droits de vote associés à ces nouvelles actions. Dans un second temps, après accord des autorités de la concurrence compétentes, Telefonica montera à 70%, en souscrivant à une deuxième augmentation de capital d’un montant de 117 millions d’euros, toujours sans droits de vote. A partir du 1er janvier 2014, le groupe espagnol pourra disposer des droits de vote dans Telco à hauteur de 64,9% et bénéficiera d’une option d’achat sur le solde des actions détenues par les actionnaires financiers de Telco. Les fonds versés par Telefonica serviront à rembourser la dette de Telco.
L’opération valorise l’action Telecom Italia à 1,09 euro, soit près du double de sa valeur en Bourse. Mediobanca réalisera une plus-value de 60 millions d’euros alors que Generali passera une provision de 65 millions d’euros pour dépréciation. Les quatre actionnaires étaient entrés au capital de l’opérateur à un cours de 2,8 euros et avaient déjà déprécié à quatre reprises leur participation.
S’il lève le risque d’une sortie désordonnée des actionnaires, et renforce l’emprise de Telefonica au détriment des actionnaires minoritaires et contre d’éventuels concurrents, l’accord ne règle pas le surendettement de Telecom Italia. Menacé d’une dégradation en catégorie «junk», l’opérateur italien porte 26,7 milliards d’euros de dette nette soit 2,53 fois son Ebitda.
Même la cession probable de TIM Brésil pour des raisons concurrentielles - Telefonica détenant lui aussi un opérateur mobile dans le pays -, «ne réduirait que de 0,1 point le levier du groupe», prévient BoA Merrill Lynch qui chiffre à 6 milliards d’euros le besoin en capital de Telecom Italia.
Franco Bernabe, le directeur général de l’opérateur italien, doit présenter lors du conseil d’administration du 3 octobre un plan de redressement. Il aura du mal à échapper à une émission d’actions nouvelles.
Plus d'articles du même thème
-
Une filiale de gestion d’actifs de la Société Générale finalise une acquisition en Roumanie
Après avoir annoncé l’opération en mars dernier, BRD Asset Management a clôturé le rachat de Patria AM. -
Morgan Stanley IM acquiert cinq actifs logistiques en France
Le prix pour ces actifs situés à Paris, Lille, Bordeaux, Nîmes et Tours, n'a pas été dévoilé. -
La Fed prépare une réunion monétaire incertaine
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches -
Lance-flammesIncendies : pour Marine Tondelier, les « pyromanes » sont aussi au gouvernement
La leader des Ecologistes a appelé Emmanuel Macron à convoquer une réunion de crise en « format Saint-Denis », avec les chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires -
PolycriseMégafeux : branle-bas de combat pour les entreprises
Face à la situation en Gironde, l’urgence économique s’installe, 13 000 entreprises étant coupées du monde et obligées de recourir au système D. L'Etat priorise l'énergie et la question des indemnisations