Telefonica cède face à Carlos Slim pour sauver le rachat d’E-Plus
Carlos Slim peut se frotter les mains. En l’espace de quelques semaines, le magnat mexicain des télécoms a contraint Telefonica à mettre 450 millions d’euros de plus sur la table pour racheter E-Plus, la filiale allemande de KPN. Le dénouement d’une habile manœuvre qui a vu America Movil, propriété de Carlos Slim, lancer une OPA sur les 70% de KPN qui lui échappent encore.
Sous la pression, Telefonica a relevé son offre sur E-Plus à 8,55 milliards d’euros. KPN, conseillé par Goldman Sachs et JPMorgan, recevra 5 milliards d’euros en numéraire, comme stipulé dans la première version de l’offre présentée le 23 juillet, mais sa participation dans Telefonica Deutschland atteindra 20,5% contre 17,6% dans le schéma initial. Par ailleurs, Telefonica disposera auprès de KPN d’une option d’achat, exerçable au bout d’un an, portant sur 2,9% du capital de la filiale.
Ces nouvelles conditions ont reçu le «soutien irrévocable» d’America Movil. Les actionnaires de KPN devront se prononcer sur l’opération lors d’un vote prévu le 2 octobre à La Haye. Les régulateurs devront également accorder leur feu vert, ce qui pourrait passer par une cession de fréquences et un accès facilité pour de nouveaux concurrents. En se basant sur les données disponibles au 31 mars dernier, l’entité compterait 43 millions de clients, nettement devant Deutsche Telekom et Vodafone.
Dans un communiqué publié hier, le groupe mexicain a réaffirmé son projet de prise de contrôle de KPN au prix de 2,40 euros par action. Le titre KPN a clôturé hier en hausse de 3% à 2,33 euros. «En atteignant un contrôle majoritaire, America Movil pense qu’il est en mesure de mieux soutenir KPN dans ses projets d’investissements dans un environnement européen en évolution rapide», souligne le premier opérateur mobile d’Amérique latine.
Ce volet de l’opération, d’une valeur totale de 7,2 milliards d’euros, se heurtait jusqu’à présent au refus de la fondation indépendante qui défend les intérêts de KPN et de ses actionnaires. Celle-ci s’inquiétait en particulier du flou entourant les intentions d’America Movil concernant E-Plus. «Il n’y a désormais plus de raison pour la fondation de passer à l’action» en bloquant l’opération, note Emmanuel Carlier, analyste chez ING. Celle-ci n’avait pas encore fait connaître sa position hier.
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