Telecom Italia se joint à la vague d'émissions de dette hybride
Telecom Italia a profité hier de l’effervescence du marché primaire obligataire. L’opérateur télécom italien a relancé une émission de dette hybride à 60 ans à laquelle il avait renoncé le mois dernier. Il a levé 750 millions d’euros à un rendement de 7,875%. Barclays et JPMorgan ont structuré le placement, assistés de Banca IMI, BNP Paribas et Mediobanca comme co-teneurs de livres, et CA CIB, Citigroup, Goldman Sachs et SG CIB dans un rôle plus mineur.
La structure de la transaction est assez classique, avec des clauses de rachat par anticipation et de réinitialisation du coupon tous les 5 ans à compter de 2018. A 8%, le rendement offre une prime d’environ 390 points de base par rapport à la dette senior de Telecom Italia, et de 162 pb par rapport à la récente hybride de KPN. Un écart que plusieurs gérants jugent relativement faible compte tenu du risque attaché à la signature de l'émetteur.
Le groupe avait sondé il y a un mois les investisseurs en vue de cette transaction. Mais Moody’s avait dégradé la note de la dette à Baa3, à un cran de la catégorie spéculative, en raison d’un rythme de désendettement moins rapide que prévu. Dans la foulée, les rendements des obligations Telecom Italia s’étaient tendus de 40 pb. L’incertitude née du résultat des élections italiennes fin février avait fini de convaincre l’opérateur de repousser la transaction.
Telecom Italia a pu être encouragé par le succès des dernières émissions de dette corporate hybride en Europe, le compartiment vedette du marché du crédit en 2013. Ces instruments subordonnés permettent de renforcer les fonds propres de l’émetteur aux yeux des agences de notation et offrent aux investisseurs un rendement appréciable pour des signatures investment grade. Le distributeur britannique de gaz National Grid a placé lundi deux tranches de 1,25 milliard d’euros et 1 milliard de livres. L’opérateur télécom néerlandais KPN a fait de même le 7 mars, à hauteur de 1,1 milliard d’euros et 400 millions de livres. Depuis le début de l’année, environ 7,4 milliards d’euros et 3,35 milliards de livres de titres corporates hybrides ont été placés en Europe.
Telecom Italia est surtout le deuxième émetteur d’Europe du Sud à accéder à ce compartiment, après qu’Iberdrola a placé 525 millions d’euros de titres fin février. Hier, son compatriote Enel a annoncé un programme d’émissions d’hybrides de 5 milliards sur 2013-2017, afin de protéger sa notation.
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