Telecom Italia préserve son dividende malgré ses 2 milliards de pertes semestrielles
Telecom Italia ne sacrifiera pas son dividende. Franco Bernabe, le président de l’opérateur de télécoms italien, a assuré que, ni la perte de 2 milliards d’euros essuyée au premier semestre, ni la crise de la dette, n’obligent le groupe à modifier sa politique de rémunération des actionnaires. Telecom Italia prévoit d’augmenter d’environ 15% son dividende chaque année jusqu’en 2013. Au titre de l’exercice 2010, il a versé un coupon de 0,058 euro par action ordinaire. Le dividende pourrait ainsi monter à 0,066 pour 2011. Il procurerait ainsi, aux cours de Bourse actuels, un rendement d’environ 7,85%.
La perte du premier semestre de Telecom Italia provient d’une dépréciation de 3,18 milliards d’euros de la valeur de ses actifs en Italie, dont les revenus cumulés ont chuté de 7,3%. Sans cette écriture, Telecom Italia aurait dégagé un bénéfice net de 1,17 milliard d’euros, au-dessus des prévisions des analystes, grâce au dynamisme de ses activités en Amérique latine, principalement au Brésil. Dans ce pays, où le groupe est numéro deux de la téléphonie mobile, le chiffre d’affaires de TIM a bondi de 16,8%. Le Brésil assure à lui seul 24% des recettes de Telecom Italia, 3 points de plus qu’au premier semestre 2010.
S’ils sont tous aujourd’hui confrontés à une dégradation de leur activité en Europe depuis plusieurs trimestres, les grands opérateurs ont pour l’instant sauvegardé leur dividende, parfois aussi au prix d’une contraction de leurs investissements. Résultat, alors que leurs cours de Bourse ont fortement chuté, les opérateurs offrent aujourd’hui les rendements les plus élevés du marché. L’indice européen Stoxx 600 des télécoms, qui a perdu 7% depuis le début de l’année, affiche ainsi un rendement de 7,5%, contre moins de 4% pour l’indice élargi.
Pour certains opérateurs, le rendement dépasse même les 10%. C’est notamment le cas de France Télécom (10,4%) et de Telefonica (11,8%). Mais leurs rendements s’apparentent avant tout à des primes de risque. France Télécom et Telefonica accusent les plus fortes baisses en Bourse depuis le début de l’année de tous les opérateurs européens dits historiques. Selon Barcap, le dividende de Telefonica est le plus à risque du secteur.
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