Telecom Italia passe à l’offensive pour contrer l'érosion de ses revenus
Face à une activité fortement touchée par la baisse de la consommation, Telecom Italia a décidé de passer à l’offensive dans son pays. Son conseil d’administration doit examiner jeudi un projet de rapprochement avec l’opérateur italien du groupe hongkongais Hutchison Whampoa, connu dans la péninsule sous la marque «3». Les discussions, qualifiées de «préliminaires», ont été confirmées vendredi par la direction de Telecom Italia, à la suite d’une information publiée par Bloomberg.
En mettant la main sur le quatrième opérateur mobile du pays, l’opérateur historique souhaite éliminer le concurrent le plus agressif sur les prix. Il espère dégager des économies d’échelle en intégrant ses 9,5 millions d’utilisateurs. Telecom Italia disposait fin décembre 2012 d’une base de 32 millions de clients. En 2012, le chiffre d’affaires du groupe dans la téléphonie mobile en Italie a chuté de 7%, expliquant en grande partie le dérapage de 5% de son Ebitda.
Pertinent, le projet devra toutefois franchir de nombreux obstacles avant d’aboutir. D’une part, avec 28,2 milliards d’euros de dette nette, Telecom Italia n’a pas les moyens de faire des folies. D’ailleurs, pour éviter tout nouvel endettement, le groupe envisage de financer la reprise de «3» par échange de titres. Hutchison Whampoa entrerait ainsi au capital du groupe italien.
Sa filiale de télécoms est valorisée autour de 1,5 milliard d’euros, soit 5,6 fois son Ebitda 2012, le ratio médian du secteur européen selon le consensus Bloomberg. A ce prix, cela nécessiterait l’émission de près de 2,7 milliards de nouvelles actions Telecom Italia, soit environ un cinquième du capital actuel de l’opérateur italien. Une dilution difficile à faire passer alors que ses actionnaires ont refusé l’an dernier une augmentation de capital de 3 milliards d’euros réservée à l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris.
Second obstacle, celui de la concurrence. Passer de quatre à trois opérateurs satisferait tous les acteurs, y compris Vodafone et Wind, les numéros deux et trois du marché. En revanche, les autorités italiennes de l’anti-trust, qui n’ont pas souhaité commenter le projet la semaine dernière, verraient peut-être d’un mauvais œil la constitution d’un opérateur mobile détenant à lui seul 45% du marché.
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