Technicolor veut pousser son principal actionnaire vers la sortie
Le torchon brûle entre Technicolor et son premier actionnaire, Vector Capital. En raison d’une situation devenue «intenable», selon Frédéric Rose, son directeur général, la société a assigné le fonds américain devant le tribunal de commerce de Nanterre. Cette action, menée par le cabinet Bredin Prat, est soutenue par les six administrateurs indépendants de Technicolor. L’objectif est d’obtenir la résiliation de l’accord de gouvernance conclu avec le fonds en juillet 2012, après l’augmentation de capital qu’il avait garantie.
Cet accord lui donne deux sièges au conseil d’administration sur onze, avec des mandats ouverts jusqu'à l’assemblée générale de 2015.
Dans ses déclarations faites aux Echos jeudi, Frédéric Rose reproche la double attitude de Vector. Selon lui, alors qu’il disait soutenir publiquement la stratégie, le fonds aurait poussé dès son arrivée, et à plusieurs reprises, pour une vente par appartements du groupe. «Vector remettait le sujet à l’ordre du jour à chaque conseil», indique une source, alors qu’un audit confié au BCG avait conforté la stratégie définie par le conseil.
Malgré un vote unanime en conseil, le fonds a également milité contre la résolution de la dernière assemblée générale visant à repousser de 70 à 75 ans la limite d’âge du président du conseil d’administration afin de permettre à Didier Lombard de rester dans ses fonctions. Enfin, la direction se dit surprise de la vente par Vector en mars 2014 de 7,4% du capital afin de ramener sa participation à 12,9%. L’accord de gouvernance permettait toutefois à Vector de s’alléger, le fonds étant libre de vendre ses actions depuis juillet 2013.
Au regard de sa participation, «il serait bienvenu que Vector abandonne un des deux postes d’administrateurs alors qu’ils arrivent à échéance en 2015», reconnaît Proxinvest. Mais le cabinet de conseil en vote voit dans ce conflit «la difficulté des directions des sociétés à s’ouvrir au débat et à supporter l’expression d’idées minoritaires alternatives». Il avait d’ailleurs recommandé aux actionnaires de Technicolor de voter contre l’accord de gouvernance conclu avec Vector car il lui semblait «malsain que la société oblige Vector à toujours voter dans le sens du conseil d’administration».
Hier, le cours de l’action Technicolor a chuté de 8,7% à 4,43 euros, les actionnaires craignant que le conflit accélère la sortie de Vector du capital dans des conditions désordonnées.
Plus d'articles du même thème
-
Banco BPM propose à Monte dei Paschi d'engager des discussions en vue d'une fusion
Le rapprochement entre les deux établissements donnerait naissance au deuxième acteur du secteur bancaire italien, avec une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d'euros. -
L’opposition des actionnaires diminue en assemblée générale
Au cours des 101 AG 2026 du SBF 120 qui se sont déjà tenues, le taux de contestation diminue. Il touche toujours en priorité les rémunérations et les autorisations financières. -
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
- L’IA pousse la concentration des marchés à son paroxysme
Contenu de nos partenaires
-
Think AgainL’Europe peut-elle regagner sa souveraineté technologique ?
« En 2026, l’IA ouvre une fantastique opportunité de transformation de la bureaucratie. Le saut technologique pourrait, s’il est réussi, rétablir la confiance de l’opinion dans les services publics » -
Pas content« La BCE va monter ses taux, et c'est très regrettable »
L'institution de Francfort s’apprête à prendre le risque de répéter l’erreur commise en 2008 et 2011 : remonter ses taux dans un contexte d'inflation élevée, avant que la croissance ne s’effondre et ne l’oblige à les rebaisser rapidement, regrette Frédérik Ducrozet (Pictet Wealth Management). -
Choix publicsL’esprit libre ou la route de la servitude
La liberté se défend en gardant l’autonomie de jugement et en encourageant l’indocilité intellectuelle. En contestant le conformisme. En refusant de céder aux dénonciations faciles et solutions péremptoires