Technicolor gagne en liberté de mouvements
Technicolor desserre petit à petit le corset dans lequel l’avait placé la procédure de restructuration de sa dette de 2,82 milliards début 2010. Le groupe de technologies et de services audiovisuels a obtenu de ses créanciers un réaménagement des clauses de ses contrats de crédits. Les clauses financières des «covenants» ne sont pas modifiées. Les modifications, approuvées par plus de 90% des créanciers, ne portent que sur des contraintes opérationnelles mais doivent permettre d’accroître la capacité de mouvement de Technicolor en matières d’acquisitions.
«La société bénéficiera d’une plus grande flexibilité pour participer à la consolidation rapide des marchés du média et entertainment, et pour saisir d’éventuelles opportunités stratégiques permettant d’optimiser son portefeuille d’activités et de renforcer son profil économique», explique la direction de Technicolor, conseillée pour l’occasion par Perella Weinberg. Depuis quelques mois, plusieurs acquisitions ont en effet animé les marchés sur lesquels évolue le groupe français (Pace/2Wire, SagemCom/Carlyle, Deluxe/Ascent Media…) sans que celui-ci ait pu y participer. Désormais, il pourra consacrer 50 millions par an de cash pour des acquisitions. Il pourra même financer une éventuelle opération en titres, pour un montant de 200 millions d’euros par an. Technicolor sera également en mesure de créer des sociétés communes avec des partenaires, avec un engagement annuel en cash limité à 25 millions.
Les modifications des covenants portent également sur la capacité du groupe à céder des actifs. Les contrats négociés avec les créanciers en 2010 limitaient la capacité du groupe à vendre ou transférer des actifs au-dessus d’une valeur de 100 millions d’euros par an. Désormais, la contrainte est levée à condition toutefois que l’opération soit payée en cash ou en actifs, qu’elle serve au remboursement de la dette senior, qu’elle améliore la génération de cash flow ou qu’elle ait au moins un effet neutre. Pour les plus petites cessions, dont le produit net est inférieur à 10 millions d’euros, seuls comptent la nature du paiement et son usage.
Pour autant, la vente du portefeuille de brevets, qui génère à lui seul environ les deux tiers de l’ebitda du groupe et donc la majorité du cash flow, ne semble pas être à l’ordre du jour. Même après la renégociation des covenants, l’opération nécessiterait de toute façon l’accord des créanciers.
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