TDF semble dans l’impasse pour la cession de ses actifs français
Le dossier du rachat des activités françaises de TDF reste ensablé. Le fonds Dering Capital, qui a engagé des discussions exclusives l’an dernier, a selon Reuters raté l’échéance fixée à fin février pour la présentation d’une offre intégralement financée. Alors que les actionnaires financiers de TDF, à savoir TPG, Charterhouse et Ardian, misaient initialement sur une offre de 4 milliards d’euros, Dering avait devancé les autres prétendants en proposant 3,7 milliards.
Et ces actionnaires sont plus que jamais sous la contrainte, ayant besoin de lever des fonds afin de rembourser 3,8 milliards d’euros de dette pour éviter d’avoir à renégocier avec les créanciers une restructuration coûteuse. Des sources citées par Reuters soulignent que dans ce contexte Bpifrance pourrait choisir de conserver sa part de 24% dans TDF afin de faciliter un accord avec Dering, qui aurait approché des fonds souverains asiatiques et des hommes d’affaires africains.
Pis, l’avancée du dossier subit directement le contexte de concentration à l’œuvre dans le secteur des télécoms en France, au moment où Numericable a engagé des discussions exclusives avec Vivendi pour le rachat de SFR. En attendant un éventuel rapprochement entre Bouygues Télécom et Free. La consolidation risque fort en effet de peser sur l’activité de TDF, dont tous les acteurs cités ci-dessus sont des clients, dont les unions ne manqueront pas de générer des rationalisations de leurs réseaux de tours-relais dont TDF assure la gestion et la maintenance. «Pour une société de tours-relais, le moment où tous ses clients envisagent une fusion est le plus mauvais moment possible pour vendre», résume ainsi un banquier connaisseur du secteur cité par Reuters. «Je ne vois pas une banque s’engager définitivement à soutenir par de la dette une activité dont le chiffre d’affaires et le cash-flow sont imprévisibles pour les trois prochaines années», ajoute une autre source.
Dès lors, «la meilleure chose à faire pour les propriétaires de TDF serait de poser leur stylo et de relancer la vente dans deux ou trois ans, quand le paysage français des télécoms se sera stabilisé», estime une source. La situation pourrait également inciter certains fonds d’infrastructures et fonds de pension figurant parmi les candidats malheureux l’an dernier à revenir à la charge pour tenter de tirer profit des difficultés de Dering.
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