TDC engage une opération à double étage

Le placement d’un bloc allié à un rachat d’actions permettra aux fonds actionnaires de récupérer entre 2,4 et 2,9 milliards d’euros
Olivier Decarre

Ce n’est pas à proprement parler une IPO. Mais le placement d’un bloc d’actions de TDC, détaillé hier, peut s’y apparenter. Car si l’opérateur télécom est coté au Danemark, il est depuis son rachat en 2006 détenu à 88% par un groupe de fonds: Apax Partners, Blackstone, KKR, Permira et Providence.

Ceci dit, l’élargissement à venir de son flottant va revêtir une forme plus complexe qu’une simple IPO. Le placement sera associé à un rachat d’actions. Ce dernier portera sur 9 milliards de couronnes danoises (DKK) soit 1,2 milliard d’euros. Il sera réalisé au même prix que le placement. Les fonds devraient en profiter à hauteur de leur participation et récupérer ainsi 1,06 milliard d’euros. Après la vente de Sunrise, «le groupe est surcapitalisé», explique TDC. Sa dette de 31 milliards de DKK (2,9 fois l’Ebitda) va être réduite de 17 milliards avec la vente de Sunrise. Ainsi, malgré l’impact du rachat d’actions le levier devrait in fine être ramené à 2,2. Sans cette redistribution, il serait tombé à 1,35, selon nos calculs.

Parallèlement, les fonds actionnaires vont offrir au public 210 millions d’actions à un prix de 47 à 56 DKK. L’opération pourra même être augmentée de 31,5 millions de titres avec l’option de surallocation. Ainsi, selon le prix de placement et le nombre de titres cédés, les fonds devraient récolter via cette tranche entre 1,32 et 1,81 milliard d’euros. En ajoutant le rachat de titres, le produit les concernant s’élèvera donc au minimum à 2,38 milliards d’euros et au maximum à 2,87 milliards d’euros. En contrepartie, ils seront dilués de 87,9% à environ 61% avant surallocation et 57% après exercice de l’option.

Si l’opérateur justifie ce montage en deux temps par sa volonté de mieux piloter son bilan, le recours au rachat d’actions n’est pas non plus dénué d’intérêt pour ses actionnaires actuels. Le versement de ce superdividende en parallèle à la cession aura le mérite de limiter leur dilution.

Selon nos calculs, lever des montants similaires uniquement par cession de titres, aurait ramené la part des fonds dans une fourchette de 49% à 51,5% en fonction du prix de placement, au sein il est vrai d’un groupe avec un moindre levier.

Pas moins de 12 banques œuvrent sur le dossier: JPMorgan, Morgan Stanley, SEB Enskilda, Deutsche Bank, UBS, Credit Suisse, Danske Bank, Goldman Sachs, HSBC, Nomura, BNP Paribas et Carnegie. L’opération se terminera le 8 décembre.

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