Symantec se scinde pour monétiser son activité de stockage de données
Avec trois opérations annoncées en dix jours, les scissions ont décidément le vent en poupe dans la technologie américaine. Après Hewlett Packard et eBay, c’est Symantec, fabricant de l’anti-virus Norton, qui va se scinder en deux sociétés, l’une dédiée aux logiciels de sécurité (encryptage, authentification, certification), l’autre spécialisée dans la gestion des données (stockage, archivage et récupération des informations).
«Il est devenu clair qu’une présence forte dans la sécurité et dans la gestion d’informations requiert des stratégies, des investissements et des innovations distinctes», a souligné le directeur général Michael Brown. Confirmé le mois dernier dans sa fonction après six mois passés en tant que DG par intérim, ce dernier restera aux commandes de Symantec recentré sur la sécurité. Cette activité représentait sur l’exercice écoulé environ 63% d’un chiffre d’affaires totalisant 6,7 milliards de dollars (5,3 milliards d’euros).
Le spin-off prendra la forme d’une distribution aux actionnaires de Symantec, selon un ratio à déterminer, de l’intégralité des titres de l’entreprise en charge de la gestion des données. Cette activité sera dirigée par John Gannon, ex-PDG du groupe Quantum, spécialisé dans le stockage d’informations. La transaction qui devrait être finalisée avant fin 2015 entraînera des charges de restructuration dont le montant n’a pas encore été précisé.
Conseillé par JPMorgan, le groupe américain «veut vraisemblablement faire du stockage de données une cible attrayante pour des géants comme Oracle, Hewlett-Packard, IBM ou EMC», selon les analystes de Citigroup. Ils estiment que la nouvelle entité pourrait être valorisée «entre 4 et 8 milliards de dollars» sur la base de ses revenus récurrents.
Longtemps dominant sur le marché désormais en déclin des PC, Symantec n’a pas jusqu’ici réussi à s’imposer dans la protection des smartphones et des tablettes, perdant du terrain sur un marché global de la sécurité qui devrait croître de 8% à 72 milliards de dollars, selon le cabinet Gartner. Le chiffre d’affaires du groupe est ainsi resté stable à devises constantes entre avril et juin, la hausse de 2% des revenus d’abonnements et de maintenance ayant été contrebalancée par une chute de 16% des redevances de licences. Sa marge opérationnelle de 24,6% était de plus nettement inférieure à la fourchette de 27,7% à 28,2% visée sur l’ensemble de l’exercice finissant en mars 2015.
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