Suzuki tombe à son tour dans la tourmente au Japon
L’industrie automobile japonaise a fort à faire pour nettoyer ses écuries d’Augias. Près d’un mois jour pour jour aprèsl’aveu par Mitsubishi Motors de la falsification de tests de consommation, Suzuki a à son tour admis hier l’utilisation de méthodes impropres pour évaluer la consommation de ses véhicules. Le quatrième constructeur au Japon, spécialisé dans les «k-cars» (mini-véhicules dont la motorisation ne dépasse pas 660 cc) dont il détient près d’un tiers du marché, a précisé que 2,1 millions de véhicules étaient concernés.
Mais à la différence du concurrent Mitsubishi, ces mesures se sont révélées malgré tout proches des résultats obtenus par la méthode orthodoxe demandée par les autorités, affirme son directeur général Osamu Suzuki, qui a démenti toute intention délictueuse. Il a expliqué la dérive par l’agrégation de mesures prises sur différents composants (plutôt que par une mesure générale) dans des conditions changeantes. En outre, aucun véhicule vendu à l’étranger n’est affecté. C’est pourquoi le constructeur a exprimé son intention de poursuivre la vente des modèles incriminés et ne s’attend pas à ce que l’affaire ait des conséquences financières sur ses comptes.
Craintes de propagation
Mais l’argument n’a apaisé ni les autorités japonaises, qui ont qualifié de «scandaleuse» l’utilisation de tests non conformes par le constructeur, ni les investisseurs. L’incendie du doute et de la suspicion pourrait-il se propager à l’ensemble de l’industrie automobile japonaise, qui a déjà souffert de scandales de dissimulation similaires (en particulier Mitsubishi) ou de défauts techniques d’ampleur internationale (comme les airbags mortels de Takata) ? A la suite des dernières révélations de Mitsubishi, le ministère des Transports avait demandé à l’ensemble des constructeurs de lui soumettre à nouveau les résultats de mesures de consommation au plus tard hier. Il a annoncé que le scandale était circonscrit aux seuls Mitsubishi et Suzuki.
L’action Suzuki a perdu jusqu’à 15% hier à la Bourse de Tokyo, terminant la séance en recul de 9,4%, à 2.613 yens. Le groupe et ses actionnaires semblent toutefois davantage protégés d’une chute durable du titre que Mitsubishi, qui a dû accepter de voir Nissan monter à 34% de son capital, pour éviter le naufrage. Sa valeur est aussi liée à celle de sa sa joint-venture cotée en Inde, Maruti Suzuki, qui capitalise aujourd’hui 10 milliards de dollars, soit quasiment autant que les 11,8 milliards du groupe japonais hier à la clôture.
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