Supervalu veut accroître sa flexibilité financière avant un possible adossement
La revue stratégique annoncée la semaine dernière par Supervalu, troisième chaîne américaine de magasins discount, est la conséquence de résultats trimestriels bien inférieurs aux attentes accompagnés d’un avertissement sur sa rentabilité opérationnelle. Celle-ci restera sous pression «à court et moyen terme», en dépit d’un effort supplémentaire sur la baisse des coûts.
L’intensité de la concurrence dans un environnement de consommation morose oblige en effet le distributeur à réaligner sa structure de prix d’ici à 2014, en multipliant les promotions.
La survie du groupe nécessite donc une restructuration financière de grande ampleur, qui passe par un désendettement accéléré et par l’allongement de la maturité de ses lignes de crédit. Sur l’exercice en cours finissant en mars 2013, il vise désormais une diminution de sa dette comprise «entre 450 à 500 millions de dollars» contre une fourchette initiale de 400 à 450 millions auparavant.
Pour atteindre cet objectif, il va réduire cette année d’environ 30% ses investissements et a suspendu son dividende. Sur une dette à long terme de 6 milliards de dollars, près de 5 milliards de dette senior non garantie est soumise à des covenants. Un peu plus de la moitié de sa dette financière arrive à échéance avant 2015 et le reste en 2016-2017.
Afin d’améliorer son profil de dette, le groupe a annoncé être en négociation avec Credit Suisse, Barclays et Wells Fargo pour obtenir une nouvelle facilité de 2,5 milliards de dollars. Elle sera composée d’un crédit revolving de 1,65 milliard à 5 ans et d’un prêt in fine de 850 millions à 7 ans. Cette facilité «sera garantie par une partie des actifs immobiliers du groupe, ce qui supprimera les restrictions liées aux covenants et augmentera sa flexibilité financière», indique le distributeur qui espère finaliser cette opération le mois prochain. Des analystes estiment cependant que la charge d’intérêt liée au prêt de 850 millions pèsera sur les bénéfices futurs.
Cette flexibilité supplémentaire permettra à Supervalu de céder des actifs ou de se vendre dans de meilleures conditions. Après la baisse de près de 50% du cours de Bourse enregistrée jeudi, le groupe se traite en valeur d’entreprise 4 fois son excédent brut d’exploitation pour l’exercice en cours contre respectivement 4,6 et 4,7 fois pour ses concurrents Safeway et Kroger.
Plus d'articles du même thème
-
L’AFG va envoyer une délégation au Canada en novembre
L’Association française de la gestion (AFG) est en train de mettre sur pied une délégation pour se rendre dans la capitale canadienne Toronto, les 23 et 24 novembre 2026. -
Le régulateur britannique introduit ses règles sur la numérisation de fonds
La Financial Conduct Authority apporte des clarifications sur la tenue du registre numérique des porteurs de parts de fonds. -
Aberdeen promeut Marianne Zangerl à la tête des solutions multi-actifs et alternatives
La société de gestion annonce également l'arrivée de Mark Meiklejon.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française