Suez Environnement affiche sa différence par rapport à Veolia
En présentant ce matin le nouveau plan de restructuration de son groupe, Antoine Frérot, le PDG de Veolia, n’arborera certainement pas le même sourire que celui affiché hier par Jean-Louis Chaussade, le PDG de son concurrent Suez Environnement. Avec une hausse de 18,3% de son résultat brut d’exploitation au premier semestre, à 1,23 milliard d’euros, le groupe «a démontré sa capacité à améliorer sa rentabilité». Il se pose même, selon la formule certainement bien pesée par Jean-Louis Chaussade, comme «une proposition de valeur unique». Alors que son concurrent a tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière sur ses perspectives, Suez Environnement a de nouveau confirmé hier tous ses objectifs, annuels et de moyen terme. Vu les comptes semestriels, certains analystes se demandent même pourquoi la direction du groupe n’a pas osé aller plus loin en relevant légèrement ses ambitions.
Pour 2011, Suez Environnement prévoit une hausse de 5% de son chiffre d’affaires à change constant. Au premier semestre, la croissance est ressortie à 11,3%. En 2011, le résultat brut d’exploitation à change constant devrait croître d’au moins 10%. La hausse semestrielle atteint 17,6%. Enfin, la dette devrait représenter en fin d’exercice environ 3 fois le résultat brut d’exploitation. L’objectif a déjà été atteint au 30 juin. «On essaiera de battre notre guidance», a admis Jean-Louis Chaussade, comme «le groupe l’a régulièrement fait depuis sa mise en Bourse il y a trois ans». Mais, en raison de la disparition de l’effet de base de comparaison lié à l’intégration de l’espagnol Agbar, acheté l’an dernier, et de la hausse du prix des matières premières, «la croissance du second semestre sera sûrement plus faible», a tempéré la direction du groupe de services à l’environnement.
La différence de ton avec Veolia plaît. Hier, l’action Suez Environnement a progressé de 0,68% à 12,67 euros dans un marché difficile. Mais elle affiche encore une baisse de 16% depuis le début de l’année (-32% pour Veolia). Le groupe a beau se démarquer de son grand rival, son activité reste malgré tout dépendante en partie de la croissance économique. 40% de son résultat brut d’exploitation provient de la gestion des déchets, une activité cyclique, rappelle Oddo. Or, la tendance de fond depuis quelques semaines n’est plus à l’optimisme.
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