Stéphane Richard quittera Orange fin janvier 2022
Stéphane Richard ne sera plus PDG d’Orange en début d’année prochaine. Réuni en fin de journée mercredi, le conseil d’administration de l’opérateur de télécoms a accepté la démission de son PDG à la suite de sa condamnation en appel dans l’affaire Tapie.
Le départ de Stéphane Richard « sera effectif à compter de la mise en place d’une nouvelle gouvernance et au plus tard le 31 janvier 2022 », a indiqué Orange dans un communiqué, soulignant « la volonté de Stéphane Richard de préserver la bonne gouvernance du groupe ». Stéphane Richard continuera jusque-là à exercer ses fonctions. Le conseil d’administration « poursuit le processus de recherche engagé depuis quelques mois, afin de mettre en place la nouvelle gouvernance du groupe ».
Stéphane Richard a été condamné mercredi par la Cour d’appel de Paris à un an de prison avec sursis et à 50.000 euros d’amende pour complicité de détournement de fonds publics dans l’affaire Tapie. Stéphane Richard et les autres mis en cause, dont Bernard Tapie, avaient été relaxés en première instance en 2019 par le tribunal correctionnel.
« Les accusations de complicité de détournement de fonds publics sont sans aucun fondement et ne sont basées sur aucune preuve. Je les rejette totalement et vais me pourvoir en cassation », avait réagi Stéphane Richard, dans une déclaration transmise à l’agence Agefi-Dow Jones, quelques minutes après l’annonce de sa condamnation.
Pression de l’Etat
A l'époque des faits, Stéphane Richard était directeur de cabinet de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, l’actuelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE). Christine Lagarde avait été condamnée mais dispensée de peine en 2016 pour négligence par la Cour de justice de la République dans cette affaire.
« Nous prenons acte de la décision de justice concernant Stéphane Richard » et «sommes évidemment attentifs à la continuité du bon fonctionnement de l’entreprise», avait déclaré mercredi matin le ministère de l’Economie à l’agence Agefi-Dow Jones.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait prévenu dès 2018, avant la relaxe générale de 2019, que Stéphane Richard devrait démissionner s’il était soumis à une condamnation lors de cette procédure judiciaire, suivant ainsi la règle fixée à tous les patrons d’entreprises publiques.
L’Etat détient 13,39% du capital en direct et 9,56% via Bpifrance.
Les marchés de marbre
Le cours de l’action Orange a cédé 0,12%, à 9,93 euros. « Stéphane Richard est relativement apprécié des investisseurs mais il n’est pas un homme clé pour Orange, dont il s’apprêtait d’ailleurs déjà à lâcher les rênes », commente un analyste basé à Londres, expliquant ainsi la relative indifférence du marché aux annonces du jour.
« Les administrateurs remercient (Stéphane Richard) pour son engagement à la tête d’Orange depuis 11 ans, de l’apaisement après la crise sociale à la transformation d’Orange en opérateur multi-services de premier rang en Europe et en Afrique », ajoute le conseil dans le communiqué.
Stéphane Richard est entré chez Orange en 2009 en vue de succéder à Didier Lombard à la direction générale en 2011. Mais la crise sociale qui a ébranlé l’opérateur peu après son arrivée, avec une succession de suicides, dont certains sur le lieu de travail, a accéléré le calendrier. Stéphane Richard a pris la direction générale d’Orange dès mars 2010. Il est devenu PDG en février 2011.
Depuis l’accession de Stéphane Richard à la direction d’Orange, son cours de Bourse a chuté de 36%, tandis que l’indice CAC 40 a plus que doublé (+103%), tandis que le Stoxx Telecoms, l’indice européen du secteur, perdait un peu moins de 10%.
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