Starwood profite de l’appétit des Chinois pour vendre Louvre Hotels Group
Les groupes chinois confirment leur intérêt pour l’industrie française du tourisme. Alors que Fosun bataille contre Andrea Bonomi pour le contrôle du Club Med, l’hôtelier chinois Jin Jiang a emporté les enchères pour Louvre Hotels Group. Le numéro deux français de l’hôtellerie économique, avec plus de 1.100 établissements dans 47 pays, était mis en vente par le fonds américain Starwood Capital.
Aucun prix n’a été dévoilé par les deux parties. Il serait supérieur à 1,2 milliard d’euros, montant autour duquel tournaient les offres déposées par les différents candidats lors du premier tour d’enchères. Accor, Foncière des Murs ainsi que plusieurs fonds avaient participé au processus. Le prix retenu représente un peu plus de 10 fois l’Ebitdar. La signature définitive devrait avoir lieu au premier trimestre 2015.
Selon une source, Jin Jiang avait été approché cet été par Starwood Capital. Les deux groupes se connaissent bien. Jin Jiang et Louvre Hotels Group sont partenaires commerciaux depuis 2011. Mais la proposition du Chinois avait été jugée trop faible pour engager des discussions bilatérales. Pour tenter de faire monter le prix, le fonds américain a donc ouvert un processus concurrentiel, confié à Deutsche Bank et Goldman Sachs. Jin Jiang était notamment conseillé par Shearman & Sterling.
«Les groupes chinois se rendent compte de la valeur que les touristes apportent aux pays visités. Il est donc logique qu’ils cherchent à maîtriser les canaux de distribution», indique un banquier. Le rachat d’industriels européens vise également à importer en Chine un savoir-faire reconnu dans l’hôtellerie. Dans le même mouvement, HNA Group, maison-mère de Hainan Airlines, a acheté mardi 8,33% du capital du groupe hôtelier espagnol NH Hoteles auprès d’Intesa San Paolo. HNA détient désormais 29,5% de NH Hoteles.
Starwood Capital était propriétaire des enseignes Campanile, Première classe et Kyriad depuis le rachat en 2005 du Groupe Taittinger et de sa filiale Société du Louvre pour 2,6 milliards d’euros dette incluse, auxquelles il a adjoint en 2009 le réseau néerlandais Golden Tulip. Le fonds dirigé par Barry Sternlicht avait déjà considérablement réduit le périmètre de l’ancien empire Taittinger. Il a récupéré près de 3 milliards d’euros de la vente des champagnes Taittinger, des parfums Annick Goutal et des hôtels de luxe de la Société du Louvre, dont le Crillon ou le Martinez à Cannes.
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