Stallergenes ne réussit pas encore à convaincre tous ses minoritaires
Les minoritaires de Stallergenes ont été entendus. Le conseil du laboratoire vient d’approuver les nouvelles modalités de son rapprochement avec l’américain Greer, proposées par leur actionnaire commun, Ares Life Science. Le projet reflète un ratio de 2,45 entre Stallergenes et Greer, soit une pondération respective de 71% et 29% en termes de capitaux propres, contre une parité initiale de 60/40. Le conseil a suivi les ratios des experts allant de 69/31 à 73/27 selon la méthode d’actualisation des flux de trésorerie futurs.
«L’AG a été repoussée au 26 juin afin de laisser le temps aux minoritaires de se forger une idée, explique Patrick Langlois, président du conseil de Stallergenes. Nous voulons les associer à ce projet industriel, notamment au potentiel offert par Oralair, un comprimé contre les allergies aux graminées, et que Greer commercialise pour Stallergenes sur le marché américain.»
En attendant, les fonds qui ont mandaté l’Adam jugent insuffisant le relèvement de la parité. D’autant que l’action Stallergenes cote toujours en dessous des 59 euros offerts par Ares lors de l’OPA de janvier 2011.
Ares Allergy Holding, filiale anglaise d’Ares Life Sciences, regroupant Greer et Stallergenes et coté à Paris, offrira un flottant limité de 16,2%. «La capitalisation du nouvel ensemble devrait être largement supérieure à celle de Stallergenes aujourd’hui, ce qui devrait favoriser à la fois sa visibilité et sa liquidité», précise à L’Agefi Jacques Theurillat, directeur général d’Ares Life Sciences. Les actionnaires devraient bénéficier de la forte croissance des ventes de Greer (11,6 % en moyenne sur les six dernières années contre 2% à 3 % pour Stallergenes). De plus, Greer détient une position très forte, avec 52% du marché américain des allergiques, dans un marché américain en croissance annuelle de 8 à 10%. Enfin, c’est sans compter la liberté de prix outre-Atlantique avec un prix moyen des comprimés de 9 dollars aux Etats-Unis, contre 2 dollars en Europe, voire moins en France.» En outre, «selon le succès du développement de notre actionnariat, on pourrait envisager à terme un listing sur le marché américain», ajoute Patrick Langlois.
L’opération reste conditionnée à l’obtention auprès de l’AMF de la dérogation à l’obligation de déposer une offre de retrait et à «l’absence de recours contre cette décision». Or, l’Adam, demandait le mois dernier au régulateur de refuser cette dérogation.
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