Sprint pourrait contrer l’offre de T-Mobile USA sur MetroPCS

Selon Bloomberg, le troisième opérateur américain étudierait une contre-offre sur MetroPCS pour éviter de voir émerger un concurrent dangereux
Olivier Pinaud

Deutsche Telekom n’est peut-être pas au bout de ses peines aux Etats-Unis. Deux jours après l’annonce du projet de fusion entre sa filiale T-Mobile USA et MetroPCS, Sprint, le numéro trois de la téléphonie mobile aux Etats-Unis, réfléchirait à lancer une offre concurrente. Selon Bloomberg, le groupe est en train d’évaluer la situation et pourrait prendre une décision la semaine prochaine.

Le rapprochement entre T-Mobile et MetroPCS menacerait plus directement les positions de Sprint. Le nouvel opérateur de téléphonie mobile disposerait de 42,5 millions d’abonnés et dégagerait un chiffre d’affaires pro forma de 24,8 milliards de dollars, à comparer aux 55 millions d’abonnés de Sprint et aux 33,6 milliards de dollars de revenus. Selon les analystes de Sanford C. Bernstein, la fusion entre T-Mobile et MetroPCS ferait naître une nouvelle concurrence plus solide. D’où la nécessité de répliquer.

Sprint avait réfléchi plus tôt cette année à une possible combinaison avec MetroPCS. Mais la taille de l’opération, estimée alors à 8 milliards de dollars dette incluse, l’avait incité à rebrousser chemin. Des discussions avaient également eu lieu avec Deutsche Telekom, les différents opérateurs s’accordant sur la nécessité de consolider le marché américain de la téléphonie mobile, disputé entre cinq acteurs.

Si Sprint passe à l’offensive, Deutsche Telekom pourrait relever sa proposition sur MetroPCS. Après l’échec de son rapprochement avec AT&T il y a un an, l’opérateur allemand a absolument besoin de faire grossir sa filiale américaine pour la sortir de son impasse stratégique actuelle. Trop petite par rapport aux trois géants, AT&T, Verizon et Sprint, T-Mobile ne bénéficie pas des mêmes économies d’échelle.

Un handicap lors de l’achat des fréquences de téléphonies mobiles ou auprès des grands fabricants de téléphones, Apple en tête, qui privilégient toujours les acteurs aux plus gros volumes.

Cette position de faiblesse relative pèse sur la valorisation de T-Mobile USA. Entre le projet de rapprochement avec AT&T et aujourd’hui, la valeur estimée de la filiale a chuté de 13 milliards de dollars, à 26 milliards. L’accord avec MetroPCS a d’ailleurs contraint Deutsche Telekom à passer une dépréciation de 7 à 8 milliards d’euros.

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