Sprint pourrait contrer l’offre de T-Mobile USA sur MetroPCS
Deutsche Telekom n’est peut-être pas au bout de ses peines aux Etats-Unis. Deux jours après l’annonce du projet de fusion entre sa filiale T-Mobile USA et MetroPCS, Sprint, le numéro trois de la téléphonie mobile aux Etats-Unis, réfléchirait à lancer une offre concurrente. Selon Bloomberg, le groupe est en train d’évaluer la situation et pourrait prendre une décision la semaine prochaine.
Le rapprochement entre T-Mobile et MetroPCS menacerait plus directement les positions de Sprint. Le nouvel opérateur de téléphonie mobile disposerait de 42,5 millions d’abonnés et dégagerait un chiffre d’affaires pro forma de 24,8 milliards de dollars, à comparer aux 55 millions d’abonnés de Sprint et aux 33,6 milliards de dollars de revenus. Selon les analystes de Sanford C. Bernstein, la fusion entre T-Mobile et MetroPCS ferait naître une nouvelle concurrence plus solide. D’où la nécessité de répliquer.
Sprint avait réfléchi plus tôt cette année à une possible combinaison avec MetroPCS. Mais la taille de l’opération, estimée alors à 8 milliards de dollars dette incluse, l’avait incité à rebrousser chemin. Des discussions avaient également eu lieu avec Deutsche Telekom, les différents opérateurs s’accordant sur la nécessité de consolider le marché américain de la téléphonie mobile, disputé entre cinq acteurs.
Si Sprint passe à l’offensive, Deutsche Telekom pourrait relever sa proposition sur MetroPCS. Après l’échec de son rapprochement avec AT&T il y a un an, l’opérateur allemand a absolument besoin de faire grossir sa filiale américaine pour la sortir de son impasse stratégique actuelle. Trop petite par rapport aux trois géants, AT&T, Verizon et Sprint, T-Mobile ne bénéficie pas des mêmes économies d’échelle.
Un handicap lors de l’achat des fréquences de téléphonies mobiles ou auprès des grands fabricants de téléphones, Apple en tête, qui privilégient toujours les acteurs aux plus gros volumes.
Cette position de faiblesse relative pèse sur la valorisation de T-Mobile USA. Entre le projet de rapprochement avec AT&T et aujourd’hui, la valeur estimée de la filiale a chuté de 13 milliards de dollars, à 26 milliards. L’accord avec MetroPCS a d’ailleurs contraint Deutsche Telekom à passer une dépréciation de 7 à 8 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter