Sprint Nextel pourrait tomber dans l’escarcelle de l’opérateur nippon Softbank
Tel est pris qui croyait prendre. Alors que les rumeurs bruissaient ces derniers jours autour de l’intérêt supposé de Sprint Nextel pour MetroPCS, déjà convoité par Deutsche Telekom, le troisième opérateur de téléphonie mobile américain pourrait lui-même être croqué par le japonais Softbank. Sprint a confirmé hier l’existence de discussions avancées portant sur un «éventuel investissement substantiel» qui pourrait impliquer un changement de contrôle.
Selon une source proche du dossier citée par Reuters, Softbank lorgnerait une participation avoisinant les 70% et serait en pourparlers avec plusieurs établissements bancaires afin de monter son plan de financement. Sprint, dont le cours a clôturé hier en hausse de 14,09%, affiche une capitalisation boursière de 15,12 milliards de dollars. L’opérateur Clearwire, dont Sprint détient 48% du capital et des droits de vote, a vu pour sa part son titre flamber de 70,77%. «Pour ma part, je ne vois rien se faire si Clearwire n’est pas inclus dans le lot. Il est impossible qu’il y ait l’un sans l’autre», a expliqué Daniel Martino, gérant de fonds de T. Rowe Price.
Les bénéfices de l’opération semblent en tout cas tangibles. D’un côté, Softbank obtiendrait avec Sprint une présence nationale immédiate aux Etats-Unis. Une perspective alléchante pour le groupe qui voit ses perspectives de croissance réduites sur son marché domestique malgré le rachat au début du mois de son concurrent eAccess. Ainsi, alors que les ventes de téléphones mobiles ont reculé de 52 millions d’unités en 2007 à 38 millions l’an dernier au Japon, elles sont passées dans le même temps aux Etats-Unis de 182 millions à 191 millions d’unités, selon IDC. Softbank pourrait d’ailleurs faire coup double en rachetant par la même occasion MetroPCS via Sprint, selon le journal Nikkei.
D’un autre côté, Sprint trouverait avec Softbank un nouvel actionnaire de référence à la trésorerie abondante. Une perspective rassurante alors que le groupe américain a engagé une coûteuse actualisation de ses réseaux. De l’avis des avocats et juristes, si elle se concrétisait, l’opération devrait en tout cas être observée d’un œil bienveillant par les régulateurs américains. Elle pourrait même être perçue comme le moyen de stimuler la concurrence sur un marché de la téléphonie mobile dominé par AT&T et Verizon Wireless.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter