Sony prend les pleins pouvoirs dans sa coentreprise avec Ericsson
Sony se met à l’heure de la révolution numérique. «Nous vivrons ou mourrons par notre connectivité», a prédit hier Howard Stringer, le PDG du groupe nippon, en présentant le rachat des 50% du capital qui lui échappait encore au sein de sa coentreprise Sony Ericsson. Une acquisition en numéraire pour 1,05 milliard d’euros qui met un terme à un partenariat vieux de dix ans. En 2010, Sony Ericsson détenait une part d’environ 2% du marché mondial de la téléphonie mobile, avec un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros, contre 9% du marché mondial en 2007.
Distancé sur le marché des smartphones par Apple et Samsung, Sony estime que la pleine propriété de cet actif lui permettra de bâtir un écosystème technologique connecté et interopérable, où téléviseurs, smartphones, tablettes et ordinateurs personnels diffuseront de la musique, des jeux ou des films figurant à son catalogue. Cette acquisition lui fait mettre par ailleurs la main sur cinq familles de brevets, un élément non négligeable dans un environnement industriel féroce.
«En tant qu’acteur majeur du secteur de l'électronique grand public, le manque d’actifs dans la téléphonie mobile était à inscrire au passif pour Sony, en particulier comparé à Samsung, dont l’activité de télécommunications représente près de la moitié de ses profits», rapelle Ben Wood, responsable de l’analyse chez CCS Insight. «Sony devait faire cette opération étant donné qu’il était à court d’options mais les défis d’intégration pourraient se révéler une barrière importante», ajoute-t-il.
Pour Ericsson, la transaction fait également sens, l’activité de téléphonie mobile grand public étant à contre-courant de sa spécialisation dans les équipements pour les opérateurs de télécoms. «C’est une bonne nouvelle qu’Ericsson soit en mesure de se délester à bon prix d’une activité avec un levier faible et aucun avenir stratégique», commente Odon de Laporte, analyste de Cheuvreux, cité par Dow Jones. Le patron du groupe suédois, Hans Vestberg, a précisé que le paiement en numéraire serait affecté au renforcement du bilan et qu’aucun projet de distribution aux actionnaires n'était en vue. Chacun reprend donc sa liberté mais les deux groupes continueront de collaborer, notamment sur la connectivité sans fil. «Ce n’est plus tellement un mariage, mais une relation chaleureuse», a glissé Howard Stringer.
{"title":"","image":"77590»,"legend":"FUSIONS ACQUISITIONS»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Tesla fait face à une concurrence plus vive sur le marché français
Alors que les immatriculations neuves de véhicules électriques ont plus que doublé sur un an en octobre, celles du constructeur américain ont progressé de 35,3%. -
En octobre, les vents contraires se sont abattus sur les marchés financiers
Entre la flambée des prix de l’énergie, la hausse des taux longs mondiaux, l'envolée sur spread de la France et la correction sur les valeurs IA, le mois d’octobre a bien ressemblé au mois de tous les dangers pour les places boursières. -
L'activité manufacturière dans la zone euro a continué d'augmenter en octobre
L'indice PMI du secteur manufacturier de la zone euro s'est établi à 52,7 le mois dernier.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
De l’eau au luxe, sans transition
Bien avant que la RSE ne s’impose dans le monde de l’entreprise, Hélène Valade, aujourd’hui directrice Développement Environnement de LVMH, faisait déjà des enjeux environnementaux et sociaux un fil conducteur de son parcours. -
Crise politique en Pologne : pourquoi Marine Le Pen s’est-elle attiré les foudres de Varsovie ?
Dimanche, Marine Le Pen a apporté son soutien à l’extrême droite polonaise, qui accuse le gouvernement de tentative de coup d’Etat après la suspension du président du Tribunal constitutionnel -
A l'est du nouveau« Koalicja » : la « Coalition des volontaires » teste sa future force militaire
La Force multinationale pour l'Ukraine va réaliser son premier test grandeur nature en Pologne, sous leadership français et britannique. Et, comme prévu, sans les Etats-Unis.