Sony prend les pleins pouvoirs dans sa coentreprise avec Ericsson

Le groupe japonais met fin à un partenariat de dix ans avec le suédois en rachetant pour 1,05 milliard d’euros le solde de sa joint-venture
Antoine Duroyon

Sony se met à l’heure de la révolution numérique. «Nous vivrons ou mourrons par notre connectivité», a prédit hier Howard Stringer, le PDG du groupe nippon, en présentant le rachat des 50% du capital qui lui échappait encore au sein de sa coentreprise Sony Ericsson. Une acquisition en numéraire pour 1,05 milliard d’euros qui met un terme à un partenariat vieux de dix ans. En 2010, Sony Ericsson détenait une part d’environ 2% du marché mondial de la téléphonie mobile, avec un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros, contre 9% du marché mondial en 2007.

Distancé sur le marché des smartphones par Apple et Samsung, Sony estime que la pleine propriété de cet actif lui permettra de bâtir un écosystème technologique connecté et interopérable, où téléviseurs, smartphones, tablettes et ordinateurs personnels diffuseront de la musique, des jeux ou des films figurant à son catalogue. Cette acquisition lui fait mettre par ailleurs la main sur cinq familles de brevets, un élément non négligeable dans un environnement industriel féroce.

«En tant qu’acteur majeur du secteur de l'électronique grand public, le manque d’actifs dans la téléphonie mobile était à inscrire au passif pour Sony, en particulier comparé à Samsung, dont l’activité de télécommunications représente près de la moitié de ses profits», rapelle Ben Wood, responsable de l’analyse chez CCS Insight. «Sony devait faire cette opération étant donné qu’il était à court d’options mais les défis d’intégration pourraient se révéler une barrière importante», ajoute-t-il.

Pour Ericsson, la transaction fait également sens, l’activité de téléphonie mobile grand public étant à contre-courant de sa spécialisation dans les équipements pour les opérateurs de télécoms. «C’est une bonne nouvelle qu’Ericsson soit en mesure de se délester à bon prix d’une activité avec un levier faible et aucun avenir stratégique», commente Odon de Laporte, analyste de Cheuvreux, cité par Dow Jones. Le patron du groupe suédois, Hans Vestberg, a précisé que le paiement en numéraire serait affecté au renforcement du bilan et qu’aucun projet de distribution aux actionnaires n'était en vue. Chacun reprend donc sa liberté mais les deux groupes continueront de collaborer, notamment sur la connectivité sans fil. «Ce n’est plus tellement un mariage, mais une relation chaleureuse», a glissé Howard Stringer.

{"title":"","image":"77590»,"legend":"FUSIONS ACQUISITIONS»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...