Solvay organise favorablement sa sortie des PVC
Comme Arkema l’an dernier, Solvay a trouvé une solution pour sortir du marché des PVC. Comme pour Arkema, l’issue passe aussi par la Suisse, via une société contrôlée par un homme d’affaires. Mais, à la différence du chimiste français qui avait payé le groupe de Gary Klesch pour qu’il reprenne sa division Kem One, l’industriel belge a choisi la voie de la «joint venture» avec Ineos, la société contrôlée et constituée à coups d’acquisitions par Jim Ratcliffe. A la différence d’Arkema également, la sortie de Solvay du marché déclinant des PVC sera graduelle.
Solvay et Ineos ont signé une lettre d’intention en vue de mettre en commun, à 50/50, leurs activités de chloro-vinyles en Europe. La gouvernance sera organisée à parts égales. Avec un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros et 5.650 salariés répartis dans neuf pays, la coentreprise sera le deuxième producteur mondial de PVC derrière le japonais Shin-Etsu et devant le taiwanais Formosa Plastics.
Selon le protocole, quatre à six ans après la formation de la coentreprise, Ineos acquerra les 50% de Solvay pour une valeur calculée sur la base d’un multiple de 5,5 fois l’Ebitda en milieu de cycle. En 2012, en bas de cycle, la structure aurait généré 257 millions d’euros d’Ebitda, ce qui ferait ressortir une valeur de 1,4 milliard d’euros. La lettre d’intention prévoit que Solvay reçoive un prépaiement de 250 millions d’euros dès la conclusion de la transaction. Celle-ci est attendue vers la fin de l’année. L’issue trouvée par Solvay paraît donc plus favorable que celle d’Arkema. En plus d’avoir versé 100 millions d’euros à son repreneur, le chimiste est aujourd’hui contraint de soutenir son ancienne division au bord de la faillite.
Liée au marché de la construction, la demande de PVC s’est effondrée de 30% depuis 2007. Le secteur souffre donc de surcapacités importantes qui tirent les prix vers le bas. D’où les difficultés de nombreux acteurs et les tentatives de concentration. La sortie du PVC permettra à Solvay d’améliorer mécaniquement sa marge. En 2012, sans cette activité, elle aurait été de 18,3% contre 16,6% annoncés. Jean-Pierre Clamadieu, directeur général de Solvay, a indiqué que le groupe reverra prochainement son objectif de 3 milliards d’euros d’Ebitda récurrent à l’horizon de 2016.
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