SoLocal ne respectera pas ses covenants fin juin
SoLocal engage une restructuration financière qui s’annonce douloureuse. Le groupe de communication digitale prévient qu’il ne respectera «probablement pas» ses covenants bancaires à fin juin 2016 ni à fin septembre 2016. Depuis décembre 2015, le ratio dette nette sur Ebitda ne doit pas être supérieur à 4 fois. Il était de 3,75 fin 2015. Au 31 mars 2016, ce ratio était encore respecté. Pourquoi alors cette subite dégradation ?
Dans le cadre de la restructuration de sa dette, SoLocal a demandé la désignation d’un mandataire ad hoc au tribunal de commerce de Nanterre, qui a nommé Frédéric Abitbol. Un habitué des restructurations financières. Toutefois, cette nomination constitue un cas de défaut pour les 350 millions d’euros d’obligations garanties seniors d’échéance 2018 émises par PagesJaunes Finance & Co SCA et les rend donc exigibles.
Capacité à investir limitée
Aussi, dans le cadre d’une procédure de sollicitation de consentement, SoLocal propose aux porteurs d’obligations PagesJaunes Finance & Co de devenir directement créanciers de SoLocal en se faisant attribuer la créance sous-jacente de même montant que PagesJaunes Finance & Co détient sur SoLocal et qui est nantie au profit des porteurs obligataires. Les porteurs d’obligations PagesJaunes Finance pourront ainsi participer directement aux discussions entre SoLocal et ses créanciers.
Il y a donc urgence à réduire drastiquement cette dette, si les covenants ne sont plus respectés à partir de ce deuxième trimestre 2016. D’autant que SoLocal juge «extrêmement improbable» sa capacité de rembourser ses dettes financières à leurs échéances contractuelles de mars et juin 2018. Fin mars 2016, la dette nette atteignait 1,1 milliard d’euros, contre 1,09 milliard fin 2015. Ce niveau d’endettement «très élevé […] limite fortement la capacité du groupe à réaliser les investissements nécessaires à l’accélération de sa croissance digitale», reconnaît SoLocal. Au premier trimestre, ses ventes ont reculé de 8% à 190 millions d’euros, pour un Ebitda récurrent en baisse de 9% à 52 millions, soit une marge stable 27%.
A cette annonce, l’action SoLocal a chuté de 7,77% à 2,68 euros, lanterne rouge du SRD, touchant en séance un plus bas historique de 2,65 euros. Près de 2% du capital a été échangé. La ligne obligataire juin 2018 de 350 millions d’euros à 8,875% cédait hier 4,9 points à 52,5% du pair.
Plus d'articles du même thème
-
CaixaBank étudierait le rachat de Cetelem en Espagne
La banque espagnole, ambitieuse dans le marché à la consommation, s'intéresse aux 3,5 millions de clients de BNP Personal Finance en Espagne. -
Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Une poignée de plateformes pionnières du secteur des cryptoactifs ont annoncé arrêter leurs activités en juillet. En cause : le règlement MiCA, la morosité du marché, et l'arrivée de nouveaux concurrents issus de la finance traditionnelle. -
Lazard AM embauche deux dirigeants pour accélérer son plan 2030
Lazard AM mise sur deux vétérans du secteur pour dynamiser sa croissance et affirmer sa stratégie produit à l’horizon 2030.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
Contenu de nos partenaires
-
Une famille en orAllemagne : Merz essuie des critiques en interne avec son remaniement
La communication du chancelier, plombée par une rétractation de dernière minute, ainsi que son calendrier sont remis en cause -
LaborieuxCanadair, loi sur la sécurité civile : pourquoi la lutte contre les incendies patine
La moyenne d'âge des Canadair atteint 30 ans et aucun nouvel appareil ne sera livré avant 2028, au plus tôt. Une start-up hexagonale développe un prototype alternatif -
RiposteDevoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision du tribunal judiciaire de Paris
Le groupe pétrolier s'oppose à l'injonction, par le Tribunal judiciaire de Paris, à un devoir de vigilance élargi. La position de TotalEnergies ne s’éloigne pas tant de celle du ministère public.